Mgr Barry Clarke craint que la Charte alimente le racisme au Québec
Québec: La «Charte des valeurs québécoises» suscite l’opposition des responsables religieux
Montréal, 27 septembre 2013 (Apic) Dans un article à paraître dans l’édition d’octobre 2013 du journal diocésain «The Montreal Anglican», l’évêque anglican de Montréal Barry Clarke met en garde contre le «racisme» et les préjugés que pourrait susciter la «Charte des valeurs québécoises» si elle devait devenir effectivement une loi.
Un collectif opposé à cette Charte, le «Rassemblement des citoyens et citoyennes engagé(e)s pour un Québec ouvert», organise une grande manifestation dans les rues de Montréal le dimanche 29 septembre, pour manifester «notre fierté d’appartenir à un Québec ouvert et inclusif».
Interdiction des signes religieux ostentatoires dans la fonction publique
Ce projet de loi, rendu public par le gouvernement québécois de Pauline Marois le 11 septembre dernier, vise à interdire le port de signes religieux ostentatoires à tous les employés des fonctions publiques et parapubliques pendant les heures de travail.
S’il recueille, selon les sondages, l’assentiment d’une grande majorité du public québécois, il s’attire les foudres des diverses instances religieuses au Québec.
Mise à l’écart de citoyens en raison de leurs pratiques religieuses
Tant l’évêque anglican de Montréal que Mgr Pierre-André Fournier, président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, redoutent que le projet de Charte des valeurs québécoises ne mène à une mise à l’écart de certains citoyens en raison de leurs pratiques religieuses.
Mgr Barry Clarke se dit convaincu que la Charte n’est neutre que «quand il s’agit de nier les libertés et droits d’expression des gens». Les symboles religieux sont, selon lui, une manière d’exprimer ses croyances, et ils sont nécessaires pour apprendre à vivre dans une société multiethnique et multireligieuse qui se veut «juste» et «libre».
Le ministre Bernard Drainville, qui porte le projet publiquement au nom du gouvernement québécois, fait valoir que cette interdiction est nécessaire pour garantir la neutralité de l’Etat, et que cette neutralité doit être réelle et visible.
Ce projet suscite une vive opposition des responsables religieux chrétiens, musulmans, juifs ou sikhs. De plus, font remarquer les opposants, à l’heure actuelle à Montréal, près des 40 % des jeunes sont nés à l’étranger et nombre d’entre eux ont un arrière-fond culturel religieux. Les jeunes sont par conséquent plus tièdes que les générations plus âgées à l’égard de cette Charte controversée.
Pour un Québec inclusif
Le «Rassemblement des citoyens et citoyennes engagé(e)s pour un Québec ouvert» estime que, telle que présentée, la Charte est injuste: «elle exclut des Québécoises et des Québécois, elle invite à la discrimination dans l’accès à l’emploi et elle met à l’épreuve la notion même de vivre-ensemble». Et de souligner que le Québec a déjà ses valeurs communes: «elles sont contenues à la Charte des droits et libertés de la personne». L’Etat de droit garantit déjà la neutralité et l’égalité entre les sexes. Il garantit également la liberté d’expression et la liberté de religion, ajoute le collectif. «C’est cet héritage et ce patrimoine qu’il faut défendre. Unissons nos voix pour rappeler au gouvernement que nous rejetons les politiques publiques qui institutionnalisent la discrimination et l’exclusion». (apic/rvm/com/be)



