Mgr Basilio do Nascimento: «La communauté internationale doit intervenir!»
Mgr Basilio do Nascimento, administrateur apostolique de Baucau, a lui aussi lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle intervienne rapidement et «impose la paix dans mon pays.» Avec Mgr Belo, Mgr Basilio do Nascimento exerce son ministère parmi les 800’000 habitants, majoritairement catholiques, du territoire annexé par l’Indonésie en 1976.
«Du côté des autorités, c’est la vacance du pouvoir», affirme l’évêque de Baucau: les institutions ne fonctionnent plus et le pouvoir est dans la rue. Le parlement provincial, la police, l’armée, le gouverneur lui-même sont dans l’incapacité de prendre une décision et ne font plus rien. D’où la formation de groupes paramilitaires parce que les gens en sont réduits à se défendre eux-mêmes.
«Ces groupes se sont multipliés et, plutôt que de se cantonner à l’autodéfense, ils se battent aujourd’hui entre eux. Beaucoup de ces groupes sont manipulés et ces conflits sont sciemment attisés de l’extérieur». Depuis janvier dernier, depuis que le président indonésien Habibie a évoqué pour la première fois la possibilité de l’autodétermination pour les Timorais, les positions entre «intégrationistes» et indépendantistes se sont radicalisées: «Il n’y a plus de dialogue possible, semble-t-il, entre les deux groupes».
Pour Mgr Nascimento, il n’y a aucun doute, les milices anti-indépendantistes sont soutenues par les militaires indonésiens. «Les militaires sont presque toujours derrière les milices et parfois même ils provoquent des situations qui permettent aux miliciens d’agir. Des militaires des troupes d’élite indonésiennes ont participé activement à des manifestations de rue organisées par les milices, comme à Becora, il y a quelques jours. (…) En dépit de cela, l’autorité politique ne semble vouloir prendre aucune initiative pour calmer les choses et imposer une certaine discipline dans l’armée.»
L’évêque de Baucau, de passage il y a quelques jours à Paris, a confié à l’agence d’information «Eglises d’Asie» que pour le moment, l’Eglise catholique est la seule institution qui puisse encore jouer un rôle de pont entre les parties, parce que son autorité morale reste grande. Sa tâche est notamment de jouer un rôle de médiation et de pacification et de contribuer à créer une atmosphère de paix sur le territoire. Egalement de participer à la formation des cadres dans tous les domaines pour que demain le Timor Oriental soit autosuffisant pour son administration et sa vie politique et sociale. (apic/eda/be)




