Mgr Charles Morerod rappelle que tout ce que nous faisons est périssable
Fribourg: L’artiste Susanne Krell, lauréate du concours «Hors-les-murs», présente son oeuvre
Fribourg, 21 septembre 2013 (Apic) L’œuvre de Susanne Krell – trois grands panneaux représentant des motifs architecturaux de la cathédrale Saint-Nicolas, peints sur le mur de la cour intérieure de l’évêché – a été inaugurée vendredi soir 20 septembre à Fribourg. Le projet marquait la volonté de Mgr Charles Morerod de faire sortir l’Eglise de ses murs.
A cette occasion, l’évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a salué la présence des autorités de la ville et du canton, de la Corporation ecclésiastique cantonale et les nombreux invités. Les mécènes, qui ont financé ce travail pour une somme de 11’000 francs, étaient également présents, mais avaient émis le désir de rester anonymes.
L’humidité du mur long de quelque 16 m, qui sépare la cour de l’évêché du jardin des ursulines qui la surplombe, va rendre la pérennité de l’œuvre aléatoire, a relevé Mgr Morerod. L’évêque a relevé que ce que l’on peut voir aujourd’hui est «certainement une œuvre provisoire qui nous rappelle que tout ce que nous faisons est périssable…»
Saluant la collaboration tout au long de l’histoire de l’Eglise avec les artistes, dont les œuvres élèvent l’âme, Mgr Morerod a souligné que l’Eglise ne peut plus jouer le rôle de mécène comme par le passé. Cette œuvre a pu être réalisée grâce au concours de sponsors, les finances de l’évêché ne permettant pas à l’heure actuelle un tel investissement. «La beauté nous aide à vivre, grâce à cette fresque, la vie est plus belle !», a-t-il lancé.
«Empreinte digitale» de la cathédrale St-Nicolas
Présentant sa peinture murale, réalisée durant la semaine du 29 juillet au 3 août en compagnie de son assistante Nara Yoon – qui n’a pu se déplacer à Fribourg pour le vernissage – Susanne Krell a expliqué sa démarche. Utilisant la technique du frottage, elle a récolté ce qu’elle nomme «l’empreinte digitale» de la cathédrale St-Nicolas, dans la chapelle du Saint-Sépulcre, qu’elle a agrandie 1000 fois et placée comme arrière-fond des panneaux peints représentant des motifs architecturaux de la cathédrale.
L’artiste a déjà utilisé cette technique dans le monde entier. Du mur du Kremlin au Vatican, de la cathédrale de Cologne à la mosquée d’Al-Azhar au Caire ou Mur des Lamentations à Jérusalem, elle récolte des traces, les collectionne, les met en relation. «Avec ces frottages, je laisse les gens se faire leur propre idée», confie à l’Apic cette artiste rhénane qui ne cache pas que sa démarche puise sa force dans son éducation chrétienne.
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