Mgr Dennis Drainville, bientôt «dernier évêque de Québec» ?
Canada: Le diocèse anglican de Québec a perdu une grande partie de sa substance
Toronto, 6 décembre 2009 (Apic) Mgr Dennis Drainville, le nouvel évêque du diocèse anglican de Québec, a déclaré qu’il pourrait être éventuellement le «dernier» évêque anglican de Québec, rapporte dans sa dernière édition l’»Anglican Journal», la publication nationale de l’Eglise anglicane du Canada à Toronto. Mgr Drainville, évêque depuis cet été d’un diocèse de quelque 8’000 âmes, s’exprimait dans le cadre d’une rencontre d’évêques anglicans du Canada.
Après avoir servi dans l’armée, avoir été député néo-démocrate à l’Assemblée législative de l’Ontario, de 1990 à 1993, puis professeur dans un collège en Gaspésie, le nouvel évêque est à la tête d’un vaste diocèse s’étendant de Magog, en Estrie, jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine et de Schefferville et à la frontière américaine. Mgr Patrick Yu, l’évêque anglican de York-Scarborough, s’est étonné du «sentiment de panique» qui se dégageait de l’intervention de Mgr Drainville. Mais, semble-t-il, Mgr Drainville ne faisait que dépeindre la réalité de l’Eglise anglicane au Québec.
En effet, les paroisses anglicanes communautés connaissent des difficultés économiques et le nombre de paroissiens est en constante diminution. Mgr Drainville a rapporté avoir rencontré dans son diocèse des communautés «qui ont de la difficulté à comprendre l’appel de Dieu» et des membres du clergé «non-engagés, se sentant sans direction». Originaire de Joliette, né en 1954, Mgr Drainville a fait ses études au Trinity College de Toronto avant d’être ordonné prêtre en 1983. Il s’est depuis longtemps engagé dans la lutte pour la justice sociale et contre la pauvreté.
Parmi les 82 communautés anglicanes du Québec, 35 ont une moyenne d’âge de 75 ans pour leurs paroissiens, et il n’y a pratiquement plus aucun enfant. Dans plusieurs communautés, à peine 8 ou 10 personnes assistent aux célébrations religieuses du dimanche. L’Eglise anglicane au Québec traverse une grande crise financière et une nette diminution de ses effectifs. En y ajoutant les questions de la bénédiction des unions de conjoints de même sexe, de l’ordination des femmes, de la présence d’évêques ouvertement homosexuels et du dialogue avec l’Eglise catholique, les anglicans ont, à défaut d’avoir de l’argent, amplement de quoi débattre, relève pour sa part la station chrétienne québécoise «Radio Ville Marie». (apic/rvm/be)



