Einsiedeln: La foule au rendez-vous du Pèlerinage annuel de l’Aide à l’Eglise en Détresse

Mgr Gänswein: Certains tentent d’imposer une muselière aux chrétiens en Europe

Einsiedeln, 19 mai 2014 (Apic) La foule des fidèles était au rendez-vous à l’Abbaye bénédictine d’Einsiedeln, dimanche 18 mai, à l’occasion du traditionnel pèlerinage organisé par la section suisse de l’œuvre d’entraide catholique «Aide à l’Eglise en Détresse» (AED). Nombreux étaient ceux qui voulaient voir de près et surtout entendre Mgr Georg Gänswein, secrétaire particulier du pape émérite Benoît XVI, hôte d’honneur de cet événement qui se déroule chaque année à Notre-Dame des Ermites.

Avant de concélébrer la messe dans une église archicomble avec Mgr Urban Federer, Abbé d’Einsiedeln, et Mgr Peter Henrici, évêque auxiliaire émérite de Coire, le préfet de la Maison pontificale a donné une conférence dans la grande salle de l’Abbaye sur le thème des chrétiens qui souffrent à cause de leur foi en Europe. Près de 500 personnes avaient trouvé place dans la grande salle et dans une autre local de l’Abbaye, où la conférence était retransmise sur grand écran, mais une centaine d’autres n’avaient pu trouver de place à l’intérieur.

Des politiciens européens sans réaction face aux attaques contre les chrétiens

Le jeune archevêque de la curie romaine – il est âgé de 57 ans – a fermement dénoncé le manque de réaction des politiciens de l’Union européenne face aux atteintes de plus en plus nombreuses portées aux valeurs et aux symboles chrétiens en Europe, sans parler des actes de vandalisme qui se multiplient contre les édifices chrétiens.

Les actes et prêches antisémites ou islamophobes sont dénoncés à juste titre par les médias et les responsables politiques, a-t-il relevé, mais l’Europe doit faire montre de davantage de vigilance face à l’intolérance et aux discriminations frappant les chrétiens. Et de citer le dernier rapport de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur les «crimes de haine», où l’on voit bien que les chrétiens sont très souvent pris pour cible. «Où sont les réactions de nos hommes politiques ?», a-t-il insisté.

Un sécularisme militant se développe dans l’Union européenne

Dans l’Union européenne, où se développe un sécularisme militant, certains tentent d’imposer une muselière aux chrétiens, de marginaliser la religion, de s’attaquer à la famille, qui est, souligne-t-il, le fondement de la société et une préoccupation fondamentale de l’Eglise. Il estime qu’un continent comme l’Europe ne pourra pas vivre si on venait à le couper de ses racines chrétiennes, ce qui lui enlèverait son âme.

Cette rencontre annuelle avec les donateurs et sympathisants de l’AED dans la prestigieuse abbatiale de style baroque veut rappeler les temps où le Père Werenfried van Straaten, fondateur de cette œuvre internationale catholique de droit pontifical, venait prêcher et mendier avec son célèbre «chapeau à millions» pour venir en aide aux chrétiens persécutés dans le monde.

Encadré

Mgr Gänswein: Différents sur le style, les deux papes poursuivent le même but: «Conduire les gens au Christ !»

Si Benoît XVI continue tous les jours de répondre à un abondant courrier, il n’a désormais plus la force d’écrire des ouvrages scientifiques, car s’il avait pu le faire, alors il ne se serait pas retiré, a confié l’Apic Mgr Georg Gänswein, lors de son passage à Einsiedeln. Le pape émérite porte en effet le poids de ses années: s’il est toujours en bonne forme, il a tout de même fêté ses 87 ans le 16 avril dernier ! Malgré sa lourde fonction de préfet de la Maison pontificale – qui a été confirmée par le pape François –, le jeune prélat allemand passe quand même près de 20% de son temps avec Benoît XVI, auquel il est très attaché et pour lequel il voue une profonde admiration. «Une personnalité très douée intellectuellement !»

C’est en 1996 déjà qu’il est appelé par le cardinal Joseph Ratzinger à rejoindre la Congrégation romaine pour la Doctrine de la Foi. Il devient son secrétaire en 2003 et lorsque le cardinal Ratzinger est élu pape, en avril 2005, il élève Georg Gänswein à la dignité de prélat de sa sainteté et lui confie la charge de secrétaire particulier. Il a gardé son statut de secrétaire particulier, et depuis un an, il a rejoint le pape émérite dans sa demeure, au monastère Mater Ecclesiae, situé dans les jardins du Vatican. «Je célèbre quotidiennement la messe avec lui, nous prions ensemble, nous mangeons ensemble, je m’occupe d’organiser le courrier. Le pape reçoit souvent des visites personnelles, celles de cardinaux, de personnes connues ou non, de sportifs, de gardes suisses, de chœurs, d’amis du monde entier…»

Mgr Gänswein consacre la majeure partie de son temps à sa fonction de préfet de la Maison pontificale, c’est-à-dire qu’il tient l’agenda des rencontres du pape et coordonne notamment l’organisation des audiences générales, des audiences de chefs d’Etat, de cardinaux, d’évêques, de diverses organisations.

Concernant la personnalité de Benoît XVI et de son successeur, le pape François, il note qu’ils sont tout à fait différents. «A chaque fois dans l’histoire, lorsqu’il y a un changement de pape, c’est un changement de monde. Ils gouvernent différemment, ils réagissent différemment. Le pape François est très proche des gens, il veut aller dehors, au-devant d’eux, il est incalculable. Il est très doué pour la communication, très populaire, mais il refuse tout culte de la personnalité. Il fait, comme pape, ce qu’il a fait pendant toutes les années où il était archevêque de Buenos Aires. Il est doué pour parler directement aux gens, c’est un pasteur. On sent qu’il a ses racines en Amérique latine, c’est là qu’est son humus culturel. Chacun a ses capacités et ses dons. Mais les deux papes, Benoît et François, sur le contenu, poursuivent le même but: conduire les gens au Christ !».

L’archevêque Gänswein reconnaît que l’Eglise, dans les sociétés occidentales, a de la difficulté à transmettre un message qui puisse ›allumer’ les jeunes, alors que c’est toujours le même message de l’Evangile. Il relève que la personnalité du pape François, dans son authenticité, a des effets très positifs et est en mesure de les convaincre. (apic/be)

19 mai 2014 | 12:59
par webmaster@kath.ch
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