Mgr Gänswein nommé nonce dans les pays baltes
Un an et demi après la mort de Benoît XVI (31 décembre 2022), le pape François confie pour la première fois une responsabilité à l’ancien secrétaire du pape allemand, Mgr Georg Gänswein. Le Saint-Siège annonce ce 24 juin 2024 que l’archevêque allemand, en disgrâce ces dernières années, a été nommé nonce apostolique dans les pays baltes.
En juin 2005, quelques semaines après la mort de Jean Paul II, le secrétaire personnel de ce dernier, l’influent Mgr Stanislaw Dziwisz, avait été nommé archevêque de Cracovie par Benoît XVI. Le secrétaire du pape allemand, Mgr Gänswein, aura pour sa part dû patienter un an et demi avant de se voir confier une nonciature dans les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie). Il s’agit de la première mission diplomatique de l’archevêque de 67 ans.
Mauvaises relations avec le chemin synodal
Mgr Gänswein ne s’est pas vu confier de charge dans son pays d’origine, l’Allemagne. Une décision qui s’explique par une probable volonté de ne pas accentuer les divisions déjà vives au sein de l’épiscopat allemand. Ces dernières années, Mgr Gänswein a critiqué à plusieurs reprises l’actuel chemin synodal dans son pays, une démarche soutenue par la majorité des évêques allemands qui se sont positionnés en faveur de nombreuses évolutions dans l’Église (mariage des prêtres, ordination des femmes…).
L’ancien secrétaire avait affirmé que Benoît XVI était perçu comme un «obstacle» par les partisans du chemin synodal. Il avait même laissé entendre que cette hostilité expliquait les accusations de mauvaise gestion de cas d’abus visant peu avant sa mort le pape allemand dans son ancien diocèse de Munich (où il a été en poste entre 1977 et 1982).
Une longue disgrâce
Mgr Gänswein avait fait partie des figures de transition entre les pontificats de Benoît XVI et de François, continuant à assumer la charge de préfet de la Maison pontificale après 2013.
Mais la publication d’un livre co-signé par Benoît XVI et le cardinal Robert Sarah sur le célibat sacerdotal, en janvier 2020, semble avoir été à l’origine de la disgrâce de l’archevêque allemand. Ce coup éditorial a été perçu comme une façon de faire pression sur le pape François en utilisant l’autorité morale de son prédécesseur. Mgr Gänswein, qui avait clamé son innocence et sa bonne foi après cet épisode, s’était néanmoins vu retirer l’exercice de sa charge de préfet par le pape. Ce dernier lui avait demandé de se concentrer sur sa mission de secrétaire de Benoît XVI.
Sommé de rentrer en Allemagne
Cette mise à l’écart a été mal vécue par l’archevêque allemand, qui s’en est plaint dans ses mémoires, parues seulement quelques jours après la mort de Benoît XVI. Dans ce texte, Mgr Gänswein affirmait aussi que des désaccords existaient entre le pontife argentin et son prédécesseur. Il assurait notamment que Benoît XVI aurait considéré comme une ‘erreur’ le motu proprio Traditionis custodes de 2021 revenant sur la libéralisation de la messe tridentine.
Le pape François avait retiré définitivement sa charge de préfet de la Maison pontificale en février 2023 puis sommé Mgr Gänswein de rentrer dans son diocèse d’origine en Allemagne sans lui confier de charge en juin de la même année. «Je vous dis avec regret que son secrétaire m’a parfois rendu la tâche difficile», avait plus tard expliqué le pontife dans un livre-entretien consacré à sa relation avec le pape allemand paru en avril 2024. (El Sucesor, Javier Martinez Brocal, Éd. Planeta). (cath.ch/imedia/cd/rz)





