Mgr Genoud: AD 2000? Un diocèse dit ses préoccupations

APIC: Les documents promulgués dimanche 4 juin n’ont pas de valeur contraignante pour les paroisses…

Mgr Genoud: Non. Les décisions prises, d’ordre typiquement diocésain, ne sont effectivement pas des contraintes. Elles indiquent un sens, sous forme de propositions et de recommandations pour que Jésus-Christ soit mieux vécu, mieux prié, mieux annoncé chez nous. Notre démarche n’a pas le caractère légal d’un Synode. Nos décisions ne peuvent donc pas avoir force de loi. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne doivent pas être prises en considération, dans la charité et la fraternité…

APIC: Des thèmes sensibles sont toutefois abordés dans les documents en question… Ne craignez vous pas des reproches de Rome?

Mgr Genoud: Non. Je ne le crains pas. Notre Assemblée diocésaine n’avait pas pour but de refaire la théologie. Nous voulons annoncer Jésus-Christ dans la fidélité à l’Eglise, dans la communion avec le Collège épiscopal et le pape. Il n’en demeure pas moins que nous avons des soucis particuliers, qui diffèrent selon les diocèses. Nous n’avons par contre pas pris de décisions dans ces domaines. Nous disons: «On pourrait aller dans ce sens-là, être plus accueillant, plus pastoral, plus ouvert», mais alors dans le respect le plus total à la discipline de l’Eglise. Notre fidélité à la foi catholique est indéfectible. Voilà pourquoi nous nous interrogeons, sans remettre en cause l’indissolubilité du mariage, sur ce que nous pouvons faire comme pastorale pour les divorcés-remariés…? Nous ne sommes sans doute pas l’unique assemblée à se poser ce genre de questions. Rome y est attentif. Je pense que tout cela peut aussi amener de l’eau au moulin d’une réflexion plus pastorale, jusqu’à Rome.

APIC: Imaginons que certaines paroisses décident d’appliquer plus ou moins à la lettre les recommandations contenues dans les documents à venir. Que va-t-il se passer?

Mgr Genoud: Il n’y a aucun problème, parce qu’il n’y a pas de décisions contraires à la foi. Il y a des pistes de réflexion, des suggestions. Déjà maintenant, nous avons dans certaines paroisses des prêtres ou agents pastoraux aux tendances diverses, plus à «droite» ou plus à «gauche». Cela fait partie de la diversité de l’Eglise. Si les textes sont bien compris comme étant des recommandations ou des propositions et non pas des actes d’autorité, je ne vois pas où cela poserait problème. Aujourd’hui, c’est un diocèse qui dit ses préoccupations. Et cela me paraît très important. (apic/pr)

25 mai 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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