Rome: Le 2 de l’Eglise orthodoxe russe rencontrera Benoît XVI le 19 septembre
Mgr Hilarion à Rome du 15 au 20 septembre
Rome, 14 septembre 2009 (Apic) Le «numéro deux» de l’Eglise orthodoxe russe rencontrera Benoît XVI le 19 septembre.
En visite à Rome du 15 au 20 septembre 2009, le président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, Mgr Hilarion Alfeyev, rencontrera pour la première fois Benoît XVI le 19 septembre, a appris I.Media. Dans un communiqué publié 5 jours plus tôt, le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a indiqué que la visite à Rome du «numéro deux» de l’Eglise orthodoxe de Moscou entendait confirmer «les rapports d’amitié entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe russe».
A Rome du 15 au 20 septembre prochains, Mgr Hilarion «aura un entretien personnel avec le pape», pouvait-on ainsi lire dans un communiqué du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Des sources vaticanes ont indiqué à I.Media que la rencontre entre les deux hommes aurait lieu dans la résidence des papes, à Castel Gandolfo.
Au cours de sa visite à Rome, celui qui a succédé au métropolite Cyrille, désormais Patriarche de Moscou, rencontrera également le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, et Mgr Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture.
Suite aux «nombreuses rencontres» qui se sont déroulées dans le passé avec le Patriarcat, a indiqué le dicastère en charge des relations œcuméniques, cette visite «confirmera les rapports d’amitié entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe russe». Le communiqué a aussi mis en relief «les solides bases de compréhension et de respect réciproques» tout en souhaitant «une collaboration plus étroite pour la présence des Eglises dans la vie des peuples en Europe et dans le monde».
Ordonné prêtre en 1987 et aujourd’hui âgé de 43 ans, le Moscovite Hilarion Alfeyev était évêque de Vienne (Autriche) jusqu’en mars 2009. Le nouveau patriarche a appelé ce diplomate polyglotte ouvert à l’Occident à lui succéder à la tête du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou. En vertu de cette charge, il est membre permanent du Saint-Synode. Docteur en théologie de l’Institut Saint-Serge de théologie orthodoxe de Paris, auteur de très nombreuses publications en russe et en langues occidentales, le jeune évêque est aussi compositeur de musique sacrée et symphonique.
Au lendemain de l’élection de Benoît XVI, en avril 2005, Mgr Hilarion avait en premier lieu souhaité que «l’Eglise catholique continue à préserver sa doctrine dogmatique et éthique traditionnelle sans céder aux pressions des groupes ›progressistes’ qui exigent l’ordination des femmes, l’approbation des ›mariages’ du même sexe, de l’avortement, de la contraception, de l’euthanasie, etc». L’évêque de Vienne avait aussi espéré que le nouveau pontificat apporterait «une solution aux problèmes qui existent dans les relations entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe russe et (serait) marqué par la rencontre entre le pape de Rome et le patriarche de Moscou».
Ces 40 dernières années, Paul VI et Jean Paul II ont été à l’origine de nombreux gestes d’ouverture à l’égard des orthodoxes, même si le pape polonais entretenait des rapports difficiles avec le patriarcat de Moscou. Les relations entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe russe sont marquées depuis l’origine par des hauts et des bas, et butent de longue date sur les accusations de prosélytisme lancées à Rome par Moscou ainsi que sur la question de la primauté du pape. Cependant, des signes de rapprochement se multiplient depuis le début du pontificat de Benoît XVI.
De nombreux observateurs avaient vu dans l’élection de Cyrille de Smolensk à la tête du Patriarcat de Moscou, en janvier dernier, les prémices d’une amélioration des rapports entre Rome et Moscou. Le successeur d’Alexis II avait notamment rencontré Benoît XVI le 18 mai 2006 alors qu’il était encore responsable du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou. A cette occasion, il avait qualifié le pape allemand de «grand théologien» et s’était dit impressionné par «sa discipline de la pensée et de la parole».
Avant une rencontre avec le pape, d’aucuns estiment cependant au Vatican que le métropolite Cyrille devrait régler les différends qui opposent le Patriarcat de Moscou à celui de Constantinople. (apic/imedia/lb/ami/pr)



