Russie: Voyage d’un responsable orthodoxe russe au Vatican sous le signe du dégel

Mgr Hilarion reçu par le pape

Moscou, 22 septembre 2009 (Apic) Au cours d’un déplacement de cinq jours à Rome, l’archevêque Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a rencontré le pape. Cette rencontre est considérée comme un signe de l’amélioration des relations entre les deux Eglises.

Un des sites web officiels du Patriarcat de Moscou, www.mospat.ru, a indiqué que l’archevêque orthodoxe russe a rencontré le souverain pontife à Castel Gandolfo, la résidence d’été du pape.

L’archevêque Hilarion aurait déclaré à Benoît XVI que la position des Eglises orthodoxe et catholique romaine sur des questions telles que les valeurs familiales et l’euthanasie était identique, se distinguant de celle de nombreuses Eglises protestantes.

Le 19 septembre, l’archevêque russe a participé à un service dans les catacombes de Saint Calixte. Selon les informations disponibles sur le site web de son Eglise, il a parlé du martyre des premiers chrétiens à Rome.

«Aujourd’hui, alors que les Eglises orthodoxe et catholique ne sont pas en communion eucharistique, et alors que de nombreuses Eglises protestantes se sont éloignées des principes fondamentaux du christianisme, nous devons comprendre clairement que la division est un péché qui déchire le corps de l’Eglise et affaiblit le témoignage chrétien face au monde séculier», a déclaré l’archevêque Hilarion pendant le service.

Rencontres multiples

Durant sa visite, l’archevêque a également rencontré d’autres responsables du Vatican, notamment le secrétaire d’Etat, le cardinal Tarcisio Bertone, et le cardinal Walter Kasper, qui est à la tête du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Le cardinal Kasper a déclaré sur Radio Vatican le 17 septembre que la situation à Moscou s’est considérablement améliorée. «Nous avons surmonté les tensions. Nous nous trouvons dans une situation nouvelle.»

Tensions sous le règne de Jean Paul II

Pendant la majeure partie de la période postsoviétique, et pendant le pontificat du pape d’origine polonaise Jean Paul II, les relations entre le Patriarcat de Moscou et le Vatican ont été marquées par l’intensification de tensions vieilles de plusieurs siècles, liées à la question des uniates, des chrétiens vivant principalement en Ukraine qui observent le rite byzantin mais qui sont restés loyaux envers Rome. Dans le passé, l’Eglise orthodoxe russe a également accusé le Vatican de faire du prosélytisme dans cette ancienne république soviétique.

L’agence de presse russe Interfax a indiqué que l’archevêque Hilarion avait soulevé la question lors de sa rencontre avec le pape. De plus, l’archevêque a mentionné un autre sujet sensible, celui des relations avec le Patriarcat de Constantinople. Les liens entre le Patriarcat œcuménique de Constantinople et le Patriarcat de Moscou sont tendus depuis la chute de l’Union soviétique.

L’Eglise orthodoxe russe est la plus grande Eglise orthodoxe au monde. Elle s’oppose à ce que l’on compare Constantinople à Rome. Selon l’Eglise russe, la primauté du patriarche œcuménique est honorifique et son autorité ne va pas au-delà du Patriarcat de Constantinople, dont le siège est à Istanbul.

De plus en plus, toutefois, les dirigeants des Eglises catholique et orthodoxe russe parlent les uns des autres comme des alliés dans la défense des valeurs spirituelles traditionnelles dans le monde séculier. Cela a amené les observateurs à spéculer sur la possibilité d’une rencontre entre le patriarche Kirill Ier et le pape Benoît XVI dans un avenir proche.

L’orthodoxie est arrivée dans ce qui est aujourd’hui la Russie à travers Byzance en 988, moins d’un siècle avant le grand schisme d’Orient de 1054, qui a marqué la séparation entre l’Eglise catholique romaine et l’Eglise orthodoxe. (apic/eni/js)

22 septembre 2009 | 16:48
par webmaster@kath.ch
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