Mgr Livieres Plano se dit victime d'une «persécution idéologique»
Paraguay: «Le pape devra rendre des comptes à Dieu», affirme l’évêque destitué
Ciudad del Este, 26 septembre 2014 (Apic) «Le pape devra rendre des comptes à Dieu», affirme le 25 septembre 2014 Mgr Rogelio Livieres Plano, ancien évêque de Ciudad del Este, au sud-est du Paraguay, en rapport à sa destitution par le pontife. Dans une longue lettre adressée au cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, et publiée par le site du diocèse, le prélat, accusé notamment de malversations financières et d’avoir couvert un prêtre pédophile, dénonce des irrégularités dans le processus qui a mené à son éloignement, suite à une visite apostolique menée au mois de juillet dernier.
«En tant que fils obéissant de l’Eglise, j’accepte cette décision, tout en la considérant infondée et arbitraire et au sujet de laquelle le pape devra rendre des comptes à Dieu», affirme Mgr Livieres Plano dans sa lettre au cardinal qui l’avait reçu à Rome quelques jours auparavant. Reconnaissant des «erreurs humaines», le prélat paraguayen estime cependant qu’il est victime d’une «persécution idéologique».
Mgr Livieres Plano, réputé ultra-conservateur, dénonce également une «nouvelle irrégularité» dans «le procès anormal» qui lui était intenté, à savoir l’annonce publique de sa destitution par le nonce apostolique à Asunción avant la notification par écrit au premier intéressé. Il indique également qu’il n’avait pas été informé en bonne et due forme de la visite apostolique qui devait avoir lieu dans son diocèse, et n’a ainsi pas pu s’y préparer de façon adéquate.
Dans sa lettre, l’ancien évêque de Ciudad del Este souligne encore le soutien que lui ont ouvertement manifesté les fidèles du diocèse pendant la visite apostolique.
Diverses accusations
Au terme de la visite apostolique menée par le cardinal espagnol Santos Abril y Castello, Rome avait annoncé fin juillet avoir demandé à l’évêque de suspendre les ordinations sacerdotales des séminaristes de son diocèse «par mesure de précaution». Dans le même temps, le Vatican avait indiqué que le vicaire général, Mgr Carlos Urrutigoity, avait quant à lui été relevé de ses fonctions par l’évêque mi-juillet, soit quelques jours avant la visite apostolique. Le prélat argentin est suspecté d’attouchements sur de jeunes garçons aux Etats-Unis, il y a une dizaine d’années, avant son arrivée dans le diocèse paraguayen de Ciudad del Este.
Mgr Urrutigoity, ordonné au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X avant d’en être exclu pour pratiques homosexuelles, avait fait l’objet d’un reportage sur une chaîne américaine. Suite à l’émoi suscité par cette émission, un autre évêque paraguayen, l’archevêque d’Asunción, Mgr Pastor Cuquejo, avait demandé une réouverture de l’enquête, ce qu’avait vertement refusé l’évêque de Ciudad del Este, accusant son confrère d’être lui-même «homosexuel». Cet échange musclé entre les deux évêques avait finalement motivé la visite apostolique décidée par le pape François.
Plus largement, Mgr Rogelio Livieres Plano est notamment accusé de malversations financières. Il aurait utilisé des dons destinés à des œuvres sociales pour construire un nouveau séminaire. Cet établissement, où étudient près de 200 séminaristes – un record pour la région -, est critiqué par ceux qui reprochent à l’enseignement dispensé d’être à la fois très conservateur et bâclé. (apic/imedia/mm/rz)



