Suisse

Mgr Morerod soutient un requérant d'asile menacé d'expulsion

Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF) s’est joint à l’association «Solidarité sans frontières» pour soutenir un jeune requérant d’asile, d’origine afghane, menacé d’expulsion.

«En cette période de crise migratoire, Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse  LGF, est souvent sollicité afin d’aider des requérant-e-s d’asile. Toute personne en situation de détresse mérite un soutien, mais dans le cas précis, l’évêque relève qu’il faut aussi tenir compte du danger particulier encouru par ce requérant du fait de sa conversion au christianisme», annonce un communiqué publié le 25 août 2016par le diocèse.

Un parcours chaotique

Le jeune requérant d’asile Bonyad Joya, âgé de 22 ans, est originaire d’Afghanistan qu’il a quitté à l’âge de 17 ans pour fuir la répression des Talibans. Au terme d’un voyage de cinq ans, ponctué de plusieurs arrestations et de retours forcés dans son pays, il est arrivé en Suisse, via la Croatie, le 27 octobre 2015, où il a déposé une demande d’asile.

L’association Solidarité sans frontières a contacté l’évêque pour soutenir le jeune afghan. «Mgr Morerod a été touché par ce cas, il a tout de suite accepté de soutenir Bonyad», indique Pauline Milani, membre de l’association. Le prélat a rencontré le jeune homme. Ce dernier lui a signé une procuration pour le représenter, faisant du prélat son mandataire officiel.

L’Eglise catholique et l’Eglise évangélique avec le jeune

«L’évêque n’est pas le seul impliqué dans cette affaire, tient à souligner Laure-Christine Grandjean, responsable de la communication du diocèse. L’initiative est partie de l’Eglise évangélique du canton de Fribourg». De fait, le jeune homme est hébergé par le pasteur Fernand Clerc qui va également l’aider dans ses démarches.

«Nous demandons simplement que l’Office de la population et des migrants du canton de Fribourg (SPOMI) examine sa demande d’asile», explique à cath.ch Mme Milani. Le requérant attend d’être fixé sur son sort. L’association Solidarité sans frontières craint que le jeune afghan, s’il était renvoyé en Croatie, soit de nouveau expulsé vers l’Afghanistan. Durant son exil, il s’est converti au christianisme ce qui l’exposerait à des représailles s’il devait retourner en Afghanistan. «C’est, au-delà du cas de renvoi pur et simple, une des préoccupation de l’évêque qui croit à la sincérité de la conversion de Bonyad «, relève Laure-Christine Grandjean.

«Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), en se conformant aux accords Dublin, n’a pas examiné la demande de Bonayd Joya et veut le renvoyer en Croatie», déplore le communiqué de Solidarité sans frontières. Les accords Dublin, entrés en vigueur en décembre 2008, stipulent que les candidat-e-s à l’asile doivent déposer leur demande dans le premier pays où ils sont enregistrés (qu’ils y aient transité quelques heures, y aient obtenu un visa sans y passer, ou y aient vécu). «Etant donné sa situation géographique, la Suisse utilise ces accords pour refuser d’entrer en matière chaque année sur près de 30% des demandes d’asile qui lui sont adressées», explique l’association. (cath.ch-apic/com/bh)

Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. (Photo Raphaël Zbinden)
26 août 2016 | 15:46
par Bernard Hallet
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