Des manifestants réunis à Minneapolis le 30 janvier demandent le retrait de l'ICE | © Keystone
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Mgr Paul S. Coakley appelle à la prière pour le renouveau des Etats-Unis

«Votre foi compte. Vos prières comptent. Vos actes d’amour et vos œuvres de justice comptent», a déclaré Mgr Paul S. Coakley, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), dans un message publié le 28 janvier 2026. Il appelle à la prière pour le renouveau des Etats-Unis dans le contexte actuel marqué par un «climat de peur et de polarisation».

«Le climat actuel de peur et de polarisation, qui prospère lorsque la dignité humaine est bafouée, ne répond pas aux normes établies par le Christ dans l’Évangile», a-t-il indiqué dans son message publié sur le site de l’USCCB. Dans un geste de réconciliation, il a invité les évêques et les prêtres de tous les États-Unis à offrir une heure sainte pour la paix.

«Contribuer à la guérison»

«Afin de contribuer à la guérison», Mgr Coakley invite ses frères évêques et prêtres à travers les États-Unis à offrir une heure sainte pour la paix dans les jours à venir. «Prions pour la réconciliation là où il y a division, pour la justice là où il y a violation des droits fondamentaux, et pour la consolation de tous ceux qui se sentent accablés par la peur ou la perte». Il a souhaité que cette heure sainte soit un moment de renouveau pour le cœur des Américains et pour le pays.

«Beaucoup de gens se sentent aujourd’hui impuissants face à la violence, à l’injustice et aux troubles sociaux. À ceux qui ressentent cela, je tiens à dire clairement: votre fidélité compte. Vos prières comptent. Vos actes d’amour et vos œuvres de justice comptent», a assuré Mgr Paul S. Coakley, archevêque d’Oklahoma City.

Le président de la Conférence des évêques des Etats-Unis a déploré «le meurtre récent de deux personnes (Renee Good le 7 janvier et Alex Pretti le 24 janvier) par des agents des services d’immigration à Minneapolis et celui d’un homme détenu au Texas». Ce sont, selon lui, «des exemples tragiques de la violence qui témoigne de l’incapacité de notre société à respecter la dignité de chaque vie humaine».

«Nous pleurons ces pertes humaines et déplorons l’indifférence et l’injustice qu’elles représentent. Le climat actuel de peur et de polarisation, qui prospère lorsque la dignité humaine est bafouée, ne répond pas aux normes établies par le Christ dans l’Évangile», a poursuivi Mgr Coakley, invitant à respecter les lois tout en manifestant des signes d’espoir que sont les œuvres de miséricorde, les rassemblements pacifiques et l’attention «portée aux membres de votre communauté», bien plus sûrement que la colère ou le désespoir.

Le prélat encourage les catholiques partout dans le monde à participer, que ce soit dans les paroisses, les chapelles «ou devant le Seigneur présent dans le silence de leur cœur, pour la guérison de notre nation et de nos communautés».

Climat de peur et manifestations

Le meurtre de Renee Nicole Good, 37 ans, abattue à Minneapolis, a déclenché des manifestations et accru la pression sur l’agence américaine de l’immigration et des douanes (ICE). Depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, l’ICE a procédé à des milliers d’arrestations, souvent en public. Ces actions ont conduit à une présence accrue de ses agents dans les communautés à travers le pays, suscitant l’opposition de certains habitants.

Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans employé en service de réanimation dans un hôpital pour anciens combattants, a été tué par balles samedi lors d’une manifestation contre des opérations de la police de l’immigration (ICE). Les vidéos disponibles semblent démentir la version de l’administration, dans une atmosphère déjà tendue à l’extrême depuis la mort de Renee Good, une Américaine tuée par balle le 7 janvier dans la même ville par un agent de l’ICE.

Dans la journée du 27 janvier, le président Trump a durci le ton en accusant les démocrates d’être responsables de ce meurtre en ayant opposé une «résistance délibérée et hostile» à sa politique. Il a exigé «la fin de la résistance et du chaos» autour de sa politique d’expulsions d’immigrés, a dit sa porte-parole Karoline Leavitt pendant une conférence de presse.

Après avoir écarté le commandant général de l’ICE, Grégory Bovino, le président américain a annoncé le 27 janvier l’envoi sur place de son conseiller à l’immigration Tom Homan, personnage-clé de son administration, considéré comme l’architecte de sa politique xénophobe. «Il n’a pas été impliqué dans cette zone, mais il connaît et apprécie beaucoup de gens là-bas. Tom est sévère mais juste et il me rendra compte directement», a écrit le président sur son réseau Truth Social. (cath.ch/com/bh)

Des manifestants réunis à Minneapolis le 30 janvier demandent le retrait de l'ICE | © Keystone
30 janvier 2026 | 17:54
par Bernard Hallet
Temps de lecture : env. 3  min.
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