Dijon :La chapelle de l’hôpital général sera-t-elle transformée en vinothèque ?

Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon, monte au créneau

Dijon, 11 juillet 2014 (Apic) Dans le cadre de la transformation du site de l’hôpital du Saint-Esprit de Dijon en ›Cité internationale de la gastronomie’, sa grande chapelle pourrait devenir une vinothèque. L’archevêque du lieu Mgr Roland Minnerath est monté au créneau, le 8 juillet 2014, pour défendre ce lieu de culte d’une riche valeur patrimoniale.

L’idée de l’ancien maire de Dijon, François Rebsamen, est de transformer l’ancien hôpital général de la ville, qui déménage sur un site plus pratique, en «Cité internationale de la gastronomie tournée vers le vin». Le projet d’urbanisme est ambitieux : 24’000 mètres carrés de bâtiments sur 6,5 hectares pour un coût de 55 millions d’euros. Sauf que l’ensemble inclut la grande chapelle de l’hôpital du Saint-Esprit, dont la première pierre fut posée en 1504. Et que le projet de sa transformation en un « espace de vente et de valorisation des vins des terroirs de France et du monde » passe mal pour nombre de Dijonnais.

Un lieu de mémoire

Car cette chapelle est un lieu de mémoire : des générations de Bourguignons y ont été baptisés, ou enterrés. Elle sert toujours au culte et la messe y est célébrée chaque dimanche, rappelle Mgr Minnerath. «La perspective de banaliser sans concertation ce lieu en local commercial est ressenti par beaucoup comme une provocation». L’archevêque se demande s’il n’y a pas d’autres lieux pour développer une activité commerciale. Il précise avoir présenté sa requête aux autorités municipales sans écho favorable jusqu’à présent. Il rappelle aussi que la façade et le maître-autel de la chapelle sont classés.

Du côté de la mairie, l’adjoint en charge de la ›Cité Internationale de la gastronomie’, François Deseille, répond que pour l’heure, rien n’est défini. La vocation de la chapelle, c’était l’accueil des malades de l’hôpital. Or il n’y aura bientôt plus d’hôpital, puisque les derniers services doivent déménager d’ici la fin de l’année, a relevé l’élu. Il ajoute que ces derniers temps la chapelle a surtout servi de lieu de concerts et de répétitions pour l’Orchestre Dijon Bourgogne. Ou encore qu’elle a abrité une vente aux enchères de miel à fin 2013.

La solution proposée par l’archevêque consisterait «à désolidariser la chapelle de l’ensemble de la vente et de la maintenir dans son affectation cultuelle, ou du moins d’en faire un musée de la vie hospitalière dijonnaise.» (apic/ag/mp)

11 juillet 2014 | 15:52
par webmaster@kath.ch
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