Mgr Tomasi dénonce «l'indifférence occidentale»
Rome: Le Vatican estime qu’une intervention militaire en Irak est «nécessaire»
Rome, 10 août 2014 (Apic) Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies, a estimé le 9 août 2014 qu’une intervention militaire pouvait être «nécessaire» pour arrêter l’avancée des djihadistes en Irak. Alors que les miliciens de l’Etat islamique ont conquis plusieurs villes du pays, forçant des centaines de milliers de personnes à l’exil, dont de très nombreux chrétiens, le diplomate du Vatican a dénoncé «l’indifférence occidentale».
Les déclarations de Mgr Tomasi sont plutôt étonnantes si l’on tient compte du fait que les positions du Vatican se caractérisent d’ordinaire par un refus de tout recours à la force armée dans la résolution de conflits.
«Il faut intervenir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard», a prévenu Mgr Tomasi, évoquant la nécessité d’une intervention humanitaire mais pas uniquement. «Peut-être que l’action militaire est nécessaire en ce moment», a-t-il souligné, alors que les Etats-Unis ont commencé à larguer de l’aide humanitaire dans le nord du pays et à frapper de façon ciblée les positions djihadistes.
Le représentant du Saint-Siège à l’ONU a également estimé urgent de faire en sorte que ceux qui fournissent des armes et de l’argent aux fondamentalistes, les pays qui les appuient tacitement, soient découverts et cessent ce type de soutien, qui ne fait finalement de bien ni aux chrétiens, ni aux musulmans.
Condamnations musulmanes des persécutions de chrétiens
Alors que les miliciens de l’Etat islamique «détruisent et tuent sans miséricorde», Mgr Tomasi a dénoncé une certaine indifférence du monde occidental. «En effet, a-t-il précisé, quand il s’agit de chrétiens, il y a une fausse pudeur à en parler et à en défendre les droits».
Le diplomate du Saint-Siège reconnaît toutefois que les choses ont récemment évolué sur ce point. «La communauté internationale commence à faire quelque chose», a souligné Mgr Tomasi, évoquant les mots de Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations unies, concernant «le crime inacceptable commis contre les chrétiens, en nommant finalement les chrétiens par leur nom».
A ses yeux, la nouveauté réside aussi dans le fait que certains musulmans «se soient exprimé avec des mots plutôt forts pour condamner cette persécution de chrétiens innocents et pour défendre leurs droits». (apic/imedia/mm/rz)



