Slovénie: L’ancien archevêque de Ljubljana transféré hors du pays pour rupture de célibat

Mgr Uran aurait deux enfants qu’il refuserait de reconnaître

Ljubljana, 30 juillet 2012 (Apic) C’est pour avoir prétendument brisé ses vœux de célibat que l’ancien archevêque de Ljubljana, Alojzij Uran, 67 ans, a reçu du Vatican une sanction de transfert hors de Slovénie. Le porte-parole de la Conférence des évêques slovènes a confirmé, le 25 juillet 2012, que la mesure était due aux rumeurs persistantes selon lesquelles l’ex-évêque aurait eu deux enfants. Les évêques slovènes démentent également une quelconque relation avec un récent scandale financier, rapporte, le 27 juillet 2012, le «Vatican Insider», lié au quotidien italien «La Stampa».

«Le problème concerne sa prétendue paternité», a déclaré Andrej Saje, porte-parole de la Conférence des évêques de Slovénie, le 25 juillet. Paternité que l’ancien évêque a toujours niée. Le porte-parole souligne que la mesure est temporaire et que Mgr Uran «retournera dans son pays dès que les faits auront été éclaircis», ajoutant qu’il y avait certainement eu «quelques malentendus entre lui et le Saint-Siège». Andrej Saje a également démenti tout lien entre cette sanction et le scandale financier qui a mené, il y a deux ans, le diocèse de Maribor au bord de la faillite. Le porte-parole a nié que l’ancien évêque avait été empêché de célébrer la messe.

Mgr Uran devrait donc prochainement s’installer à Trieste, dans le nord-est de l’Italie. La presse slovène parle, pour son départ, d’un délai s’étendant «jusqu’à la fin de l’année». L’ancien évêque aurait, tout en rappelant son innocence, accepté la décision. Selon le quotidien slovène «Vecer», Rome continuerait à suspecter que Mgr Uran ne dit pas la vérité, notamment parce qu’il aurait refusé de se soumettre à un test ADN.

Conjectures sur les vraies raisons de la sanction

La paternité de l’ancien évêque n’ayant pas été prouvée, la presse de Slovénie spécule sur les véritables raisons ayant amené le Vatican à prendre une sanction aussi rare et drastique. Certains journaux affirment que Rome voulait le punir pour sa co-responsabilité dans la presque faillite du diocèse de Maribor, en 2010. Le diocèse alpin avait effectué des investissement massifs extrêmement risqués, partiellement financés par des hypothèques sur des églises et des fonds provenant des dons de fidèles.

Le quotidien slovène «Delo» pense que la sanction est en lien avec «de vives tensions interpersonnelles au sein du clergé slovène». Le journal estime qu’il est probable que l’archevêque actuel de Ljubljana, Mgr Anton Stres, ainsi que le prédecesseur de Mgr Uran, le cardinal Franc Rode, aient été fortement impliqués dans la décision. (apic/ag/rz)

30 juillet 2012 | 12:48
par webmaster@kath.ch
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