Migrants : Recevant les survivants d’un naufrage, le pape demande à l’Europe ›d’ouvrir les portes de son cœur’
Rome, 2 octobre 2014 (apic) Devant une trentaine de survivants érythréens à un naufrage au large de Lampedusa au sud de l’Italie, accompagnés par des membres de leur famille et des personnes les ayant secourus, le pape François, particulièrement ému, a demandé à l’Europe d’ouvrir «les portes de son cœur». Ces migrants se trouvent actuellement en Italie afin de participer à la commémoration du naufrage survenu le 3 octobre 2013 et qui avait causé la mort de près de 350 personnes. Le pape les a rencontré le 1er octobre 2014 en fin d’après-midi.
«Je ressens des choses que je ne peux pas dire car on ne trouve pas de mots pour les exprimer», a affirmé le pape avec émotion près avoir entendu plusieurs témoignages, a rapporté le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. «Tout ce que vous avez subit, on le contemple en silence, on pleure et on essaie d’être proche», a-t-il poursuivi.
S’adressant à ce groupe, le pontife a évoqué les «portes fermées» auxquelles les migrants sont souvent confrontés en arrivant à destination, souvent après un éprouvant voyage. «Parfois, a-t-il dénoncé, quand on a l’impression d’être arrivé à bon port, on doit faire face à des choses très difficiles».
Toutefois, a ajouté le pontife, «de nombreuses personnes ont le cœur ouvert pour vous, la porte du cœur est la plus importante en ces moments-là». Et le pape de lancer cette invitation: «Je demande à tous les hommes et à toutes les femmes d’Europe d’ouvrir les portes de leur cœur». «Je prie pour que les portes fermées s’ouvrent», a-t-il souligné. Ces paroles devraient avoir un écho particulier alors que l’accueil des migrants sur le vieux continent est au cœur du débat public et que le pontife doit se rendre au cœur de l’Union européenne, à Strasbourg, le 25 novembre prochain.
Enième tragédie
Devant le pape, plusieurs migrants ont évoqué ce qu’ils avaient enduré. L’un d’eux a notamment demandé son soutien pour la «reconnaissance des dépouilles, qui dans certains cas n’a pas encore pu avoir lieu».
Cette rencontre a eu lieu deux jours avant la commémoration d’un naufrage meurtrier au large de l’île italienne de Lampedusa, située à 113 km des côtes tunisiennes et à quelque 200 km des côtes siciliennes. Le 3 octobre 2013, 500 migrants environ, pour la plupart érythréens et somaliens, avaient tenté de rejoindre les côtes italiennes à bord d’embarcations de fortune. 350 d’entre eux avaient perdu la vie lors d’un naufrage survenu à quelques kilomètres de l’île.
Le jour même de la tragédie, le souverain pontife avait alors dénoncé la honte de cet énième naufrage tragique au large de Lampedusa. Puis, quatre jours plus tard, il avait envoyé sur place son ›aumônier’, le Polonais Mgr Konrad Krajewski, pour bénir le corps des victimes et soutenir les survivants. Trois mois plus tôt, en juillet, pour son premier déplacement en Italie après son élection, le pape s’était rendu sur l’île pour y fustiger la «globalisation de l’indifférence» face au drame des migrants. (apic/imedia/mm/mp)



