L’homme n’est pas fait pour la finance. C’est le contraire
Milan: Discours du cardinal Tettamanzi au gratin italien de la finance
Rome, 25 novembre 2003 (Apic) Le cardinal Dionigi Tettamanzi a mis l’homme au centre de la finance, au cours d’une intervention faite lundi à Milan, lors d’une rencontre avec des acteurs de la finance. L’homme n’est pas fait pour la finance. C’est le contraire, a-t-il dit. Les nombreux banquiers présents ont applaudi à son discours, que l’archevêque de Milan a qualifié lui-même d’»utopie». Ceci expliquant peut-être cela.
«L’homme n’est pas fait pour la finance, mais la finance est faite pour l’homme, dans la totalité de ses valeurs et de ses exigences», a soutenu le cardinal Dionigi Tettamanzi, dans son exposée au cours d’une rencontre organisée dans la capitale économique italienne par l’Assbb (Association pour le développement des études en banque et en bourse). Avec les grands acteurs italiens de la finance, était présent le président de la bourse milanaise, Angelo Tantazzi.
Insistant sur la nécessité d’intégrer les préoccupations humaines et sociales aux activités économiques et financières, le cardinal a invité les responsables présents à la réunion à «ajouter aux côtés du traditionnel bilan économique patrimonial, une sorte de bilan social» qui «mettrait en évidence les conséquences des choix effectués sur l’économie et sur l’emploi». «Le profit n’est pas le seul critère de bon fonctionnement de l’entreprise; il se peut que les comptes économiques soient en ordre mais que les hommes, le patrimoine le plus précieux de l’entreprise, soient humiliés et blessés dans leur dignité», a-t-il dit.
L’archevêque de Milan a inscrit son discours dans une logique de long terme. «Il faut faire passer l’activité financière du simple échange économique ayant pour but la croissance maximale du profit à court terme, à un réseau de relations dont la finalité est l’homme et dans lequel l’échange financier est seulement un moyen».
L’utopie avant le grand tournant?
Ce discours qu’il a décrit comme «une utopie pouvant mener à un grand tournant», a été applaudi par les banquiers présents. «Le cardinal Tettamanzi a mis l’homme au centre de la finance. Cela me semble un concept fondamental». Telle a été la réaction reprise par la presse italienne de Gabriele Galateri président de Mediobanca. Quant à Giovanni Bazoli, président de la Banca Intesa, il a été jusqu’à affirmer que «les frontières entre les banques laïcs et catholiques sont abattues, (les unes et les autres) étant rassemblées dans l’engagement commun pour l’éthique».
Archevêque de Milan depuis un an, le cardinal Tettamanzi étend son activité pastorale à la sphère financière, souhaitant ainsi dépasser la traditionnelle dialectique existant entre les deux identités. La presse italienne du 25 novembre 2003 a réservé un large écho à cette initiative. (apic/imedia/pr)



