Milan: L’évêque représentant l’Ossétie était sur place à Beslan
Son appel: «Unissons-nous contre le fléau du terrorisme»
Milan, 6 septembre 2004 (Apic) L’evêque orthodoxe de Stavropol et Vladikavkaz, Feofan Azhurkov a appelé la communauté internationale à s’unir contre le terrorisme. Arrivé sur les lieux du drame 30 minutes après la prise d’otages de l’école de Beslan en Ossétie du nord, il a raconté avoir offert sa médiation, qui a été refusée. L’éparque a lancé un appel pour lutter contre le terrorisme, devant un parterre bouleversé, aux Rencontres de Milan, organisées par la Communauté de Sant’Egidio.
L’évêque, Mgr Feofan Azhurkov, de Stravropol et de Vladikavkaz, dont la juridiction recoupe l’Ossétie, est intervenu en ouverture du colloque de Milan de la Communauté de Sant’Egidio «Religion et culture: le courage d’un nouvel humanisme», qui se tient jusqu’au 7 septembre dans la ville lombarde. «Unissons-nous contre le terrorisme, qui peut survenir n’importe où, comme nous l’avons vu à New York, à Madrid et à Beslan ou ailleurs». Il a continué en disant «Ce que j’ai vu est horrible et c’est pourquoi je vous demande à vous tous le soutien moral dont nous avons besoin». Dans son appel, il a ajouté «De l’horreur, il ne sort aucune liberté. Comment peut- on dire que l’on lutte pour la liberté quand on tue des enfants?»
«Ils ont demandé aux enfants d’accrocher les grenades»
C’est en témoin que le prélat est intervenu devant un parterre d’hommes politiques, d’intellectuels, d’écrivains, de chercheurs, réunis pour les Rencontres «Religion et culture» de la Communauté de Sant’Egidio. «Dès que j’ai entendu parler de la prise d’otages, je me suis rendu à Beslan en 30 minutes et je me suis offert comme médiateur. Mais tout dialogue a été refusé par les ravisseurs. Même le pédiatre qui a offert d’aller visiter les enfants s’est vu répondre:»Si tu essayes, nous te fusillerons».
Devant l’assemblée, émue et attentive, Mgr Feofan a raconté que les ravisseurs avaient retenu les enfants dans un espace trop petit pour pouvoir s’assoir. Et que les terroristes tchétchénes ont demandé aux enfants de suspendre les grenades à une hampe, «comme s’il s’agissait de guirlandes». Il a poursuivi: «Le troisième jour, les terroristes ont fait exploser deux bombes, qui ont tué la plus grande partie des enfants.Ceux qui cherchaient à fuir ont été fusillée par derrière. Comment des soi- disant libérateurs peuvent-ils agir ainsi?»
La prise d’otages de l’école de Beslan en Ossétie du nord par des terroristes indépendantistes tchétchènes a fait au moins 335 morts, dont la moitié sont des enfants, dans l’assaut donné par les forces russes samedi 4 septembre Les personnes portées manquantes sont au nombre de 260. Les premières cérémonies de rite chrétien orthodoxe ont commencé à Beslan le 5 septembre. Des services religieux ont été célébrés dans les églises orthodoxes de toute la Russie (apic/com/vb)



