Le Vatican authentifie un miracle

Miracle reconnu dû à la prière D’Edith Stein

Vatican, 31 mars 1997 (APIC) Le Vatican vient d’authentifier un «miracle» dû à l’intercession d’ Edith Stein, condition sine qua non pour la canonisation des bienheureux. Soeur Thérèse-Benedicte de la Croix, tel était son nom de religieuse, sera bientôt présentée à l’Eglise universelle comme modèle de saintété.

La carmelite juive allemande tuée a Auschwitz, et béatifiée par Jean-Paul II le 1er mai 1987, sera canonisée en juin prochain. Cette canonisation se fera par le pape lors de son voyage en Pologne, pour la conclusion du Congrès eucharistique de Wroclaw.

La raison du choix de Wroclaw pour la canonisation de cette carmélite juive allemande est que Wroclaw, qui s’appellait alors Breslau, ville allemande de Silésie, a vu la naissance d’Edith Stein en 1891. Cette région reviendra ensuite à la Pologne, mais reste marquée aujourd’hui encore par la culture allemande.

Edith Stein est née dans une famille juive pratiquante. Sa naissance intervient dans des circonstances particulières, car elle coïncide avec l’une des plus grandes fêtes de l’année liturgique juive, le Kippour, fête du ” Grand Pardon «, ou des ” Expiations «, qui a lieu a en automne. La mère d’ Edith Stein voyait dans cette circonstance une marque du grand destin de sa fille.

Etudiante à Breslau puis à Göetingen, elle devient l’assistante du grand philosophe allemand Edmund Husserl, père de la phénomenologie, et se dit alors athée. Pourtant, elle dira que sa recherche, très exigeante, de la vérité, était déjà la recherche de Dieu.

C’est grâce à la lecture de l’autobiographie de Thérèse d’Avila qu’Edith Stein a découvert la foi. Pendant 8 ans, elle sera professeur dans un collège de dominicaines, puis professeur d’université. La traduction annotée de saint Thomas qu’elle a entreprise alors est devenue une référence en langue allemande.

Après sa vie retirée de professeur de lycée chez les dominicaines, elle se sent en ” décalage ” avec le monde où elle se retrouve, et se sent incapable de le ” rattraper «. Une lente maturation intérieure va la conduire à renoncer à cette brillante carrière.

En 1933, Edith Stein entre au carmel de Cologne. Elle se réfugiera ensuite au carmel Hollandais de Hecht. Elle y sera arrêtée, après de vigoureuses protestations des évêques hollandais E. Stein est arrêtée et est déportée par les hommes du Reich. Consciente d’aller ” mourir pour son peuple «, elle meurt dans les fours crématoires d’Auschwitz le 9 août 1942.

Juive et catholique, femme de son temps et carmélite cloîtrée: telle sont les facettes de cette personnalité présentée par le pape, le 26 février 1995, lors d’un Angelus sur le thème de l’année internationale. ” Parmi les femmes qui ont servi la cause de la paix «, il y a la figure de Edith Stein. ” Tuée, comme tant d’autres par la férocité nazie au camp d’Auschwitz «.

Cette canonisation en territoire polonais, d’une carmélite allemande, avec la canonisation d’une polonaise, sera aussi le signe d’une réconciliation plus profonde entre la Pologne et l’Allemagne,déjà amorcée par les demandes de pardon des évêques des deux pays. (apic/imedia/fd/pr)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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