Israël: Les députés débattent d’une reconnaissance du génocide arménien
Mise en garde du Ministère israélien des Affaires étrangères
Jérusalem, 26 décembre 2011 (Apic) Alors que la France est toujours la cible d’attaques venant de la Turquie après le vote jeudi 22 décembre d’une proposition de loi réprimant la contestation du génocide arménien, c’est au tour d’Israël de se saisir de ce thème brûlant. Le Ministère israélien des Affaires étrangères a averti qu’une reconnaissance officielle du génocide arménien pourrait amener à une sérieuse détérioration des liens avec la Turquie.
«Une telle décision pourrait avoir de très sérieuses conséquences stratégiques… Nos relations avec la Turquie sont très fragiles et très sensibles actuellement et nous ne pouvons pas franchir la ligne rouge, nous devons traiter ce problème intelligemment», a déclaré un responsable du Ministère israélien des Affaires étrangères.
Au Parlement israélien, ce débat parlementaire ne surprend pas, car il est lancé d’une année à l’autre, mais la grande première est que ce débat sur le génocide arménien se déroule publiquement, au sein de la commission de l’Education de la Knesset. Auparavant, il se déroulait à huis clos, à la commission des Affaires étrangères et de la Défense.
«Israël a un devoir éthique de reconnaître les génocides des autres nations»
Pour le président de la Knesset Reuven Rivlin, ouvrant lundi 26 décembre les débats du Parlement israélien sur une proposition de loi visant à reconnaître le génocide arménien de 1915, «Israël a un devoir éthique de reconnaître les génocides des autres nations».
«La question n’a pas été soulevée à cause de ce qui s’est passé entre Israël et la Turquie, nous ne voulons pas exploiter une situation politique pour régler des comptes», a tenté de rassurer le député du parti Likoud. Le Parlement israélien avait déjà rejeté une telle proposition en 2007, quand les relations avec la Turquie étaient très étroites.
Les rapports déjà tendus avec la Turquie risquent de s’aggraver
Une commission de la Knesset a discuté ce lundi de la possibilité de fixer une journée de commémoration pour le génocide arménien commis par les Turcs il y a près d’un siècle. Ce texte pourrait encore empoisonner encore un peu plus les relations entre la Turquie et l’Etat d’Israël, qui sont extrêmement tendues depuis que la marine israélienne a tué neuf ressortissants turcs en mai 2010 lors de l’arraisonnement dans les eaux internationales du Mavi Marmara, navire d’une flottille humanitaire turque qui tentait de briser le blocus de Gaza. La Turquie avait alors expulsé l’ambassadeur israélien à Ankara et rompu tous ses contrats militaires avec Israël.
En Israël, la commission de l’Education discute d’une proposition de loi faisant du 24 avril, date du début des exécutions en masse d’Arméniens en 1915, une journée de commémoration du «massacre du peuple arménien».
Projet de reconnaissance sur le métier depuis des années
Le projet d’une journée commémorative du génocide arménien est en chantier depuis des années en Israël, a affirmé Georgette Avakian, membre du Comité national arménien à Jérusalem, à la radio publique israélienne. Si le gouvernement israélien a, durant des années, refusé de reconnaître le génocide arménien, c’est pour des raisons «cyniques, stratégiques et économiques», a déclaré le député de gauche Zahava Gal-On, député du parti Meretz, favorable à la nouvelle loi.
L’ONU a reconnu en 1985 le massacre de centaines de milliers d’Arméniens, qualifiant ce qui s’était passé en 1915 de génocide. La Turquie, par contre, s’est toujours opposée à cette dénomination, car il n’y a, selon elle, jamais eu volonté d’extermination. (apic/haar/lib/js/be)



