Asie: Protection des employés de maison

Mise en lumière par une étude de l’Organisation internationale du travail

Genève, 11 janvier 2013 (Apic) L’Organisation internationale du travail (OIT) a présenté le 9 janvier 2013 son étude sur les «Travailleurs domestiques dans le monde – Statistiques régionales et mondiales et étendue de la protection juridique».

C’est en Asie que les employés de maison, très majoritairement des femmes, sont globalement le plus mal traités, rapporte Eglises d’Asie, l’agence d’information des Missions étrangères de Paris.

3% seulement ont droit à un jour de congé

Sur les 21,5 millions d’employés de maison dénombrés en Asie-Pacifique, seulement 3 % ont droit à un jour de congé hebdomadaire, précise le rapport, alors que 50 % d’entre eux appartiennent à une catégorie qui leur accorde officiellement ce droit (domestiques, jardiniers, chauffeurs, …).

Seulement 1 % des employés de maison en Asie-Pacifique bénéficient d’une durée légale maximale de leurs horaires de travail, contre trois quarts des domestiques en Amérique latine. La durée moyenne du travail des employés de maison en Malaisie atteint près de 66 heures hebdomadaires.

Seulement 12 % des employées de maison jouissent, dans leur contrat, de clauses leur accordant un congé maternité en Asie-Pacifique. En Amérique latine, toutes les employées de maison disposent de ce droit.

Avancées récentes

Parmi les avancées récentes obtenues par les défenseurs des droits des employés de maison figure le droit à un jour de congé hebdomadaire pour les très nombreuses domestiques étrangères au service des familles singapouriennes. Cette disposition est entrée en vigueur le 1er janvier 2013 à Singapour.

Ces dernières années, des affaires révélant les conditions de travail effroyables, les salaires ridicules, les brimades, les coups, les viols dont sont victimes les employées de maison a jeté une lumière crue sur une réalité humaine, économique et sociale souvent cachée.

En 2011, Djakarta avait suspendu l’envoi de main-d’œuvre chez son voisin malais, après la révélation d’abus dont avaient été victimes des employées de maison indonésiennes. En octobre de la même année, le Premier ministre Hun Sen avait interdit le départ des Cambodgiennes au service des familles malaisiennes. A chaque fois, ces interdictions n’ont duré qu’un temps. Les recrutements ont repris rapidement.

Le rapport de l’OIT effleure, sans le traiter, le problème des mineurs travaillant comme domestiques. Très difficile à chiffrer, ce phénomène est en accroissement constant, comme en témoignent l’augmentation du nombre de mineurs domestiques en Inde et d’autres pays d’Asie à l’économie montante. (apic/eda/ggc)

11 janvier 2013 | 17:35
par webmaster@kath.ch
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