L’archevêque détaille sa mission d’un jour
Mission de Mgr Tauran auprès du président Milosevic
Rome/Belgrade, 2 avril 1999 (APIC) Mgr Jean-Louis Tauran, Secrétaire du Saint-Siège pour les Rapports avec les Etats, est rentré dans la soirée du 1er avril 1999 de sa mission à Belgrade. Au cours de cette journée, l’archevêque a rencontré à 10 h le ministre des Affaires étrangères Jovanovic. En début d’après-midi, il s’est ensuite entretenu avec le patriarche serbe orthodoxe Pavle, puis vers 15 h avec le Président Slobodan Milosevic, auquel il a remis un message personnel de Jean Paul II.
«Je ne suis pas venu pour apporter une solution mais pour exprimer la profonde préoccupation du pape pour la situation dramatique qui est en train de causer d’énormes souffrances pour d’innombrables personnes dans la Fédération yougoslave» a expliqué Mgr Tauran après un entretien d’une heure avec le président de la République fédérale de Yougoslavie, qui s’est déroulé en présence du nonce apostolique à Belgrade.
L’archevêque a annoncé alors que le pape, outre un message au président Milosevic, a aussi écrit au secrétaire général de l’OTAN Solana, et au président Clinton. Il a affirmé en outre avoir présenté quatre points essentiels, lors de ses rencontres à Belgrade. «Le pape est proche de tous ceux qui souffrent sans distinction de race, de religion ou d’idées politiques», a-t-il souligné en un premier point. «Il désire ardemment que chaque peuple soit respecté dans une dignité égale», a ajouté Mgr Tauran, et «cela doit être accompli dans le respect de l’histoire et du droit».
«Le Pape reçoit tous les jours de plusieurs côtés des demandes d’assistance pour les personnes qui sont maltraitées, chassées de leur maison, sans compter celles qui ont été tuées», a poursuivi l’archevêque, en un second point. «Il retient qu’aucune cause politique ne peut jamais justifier la cruauté, et que cette situation doit cesser pour que les organisations humanitaires puissent intervenir et offrir leur aide pour alléger les souffrances de tant de nos frères et soeurs».
Geste humanitaire
«Le pape est convaincu de la validité de la diplomatie», a alors expliqué Mgr Tauran en un troisième point, parce que celle-ci est basée sur le respect de l’autre, sur l’écoute de ses aspirations légitimes, et sur la courtoisie». «Il croit que seule une solution politique offrira la possibilité pour le peuple de la région de vivre en paix» a encore assuré l’archevêque.
Enfin, le quatrième point exposé par le secrétaire pour les Rapports avec les Etats concernait la demande d’une trêve à l’occasion de Pâques. «Le pape et beaucoup de chefs religieux, comme le patriarche Pavle que j’ai rencontré», a dit Mgr Tauran, «considèrent que ce serait un geste de grande humanité si toutes les actions militaires étaient suspendues pendant la semaine qui sépare les commémorations de cette fête en Occident et en Orient, du 4 au 11 avril». «Naturellement, une telle initiative devra être accompagnée de mesures sur le terrain», a précisé l’archevêque, «pour que personne ne puisse tirer profit de cette période pour poursuivre ses propres buts». «Les organisations humanitaires pourront évidemment entrer sans courir de risques et reprendre leur travail urgent et indispensable», a-t-il ajouté.
«Je crois qu’aujourd’hui il n’y a ni vainqueurs ni vaincus», a encore plaidé l’archevêque avant de quitter Belgrade. «Nous devons faire en sorte que la paix triomphe et le pape a écrit dans ce sens au président Milosevic, au secrétaire général de l’OTAN, et au président Clinton».
«J’espère et je prie pour que ma visite puisse contribuer à faire résonner dans le coeur de tous la voix de la conscience», a alors conclu Mgr Tauran. «C’est là le but de l’activité diplomatique du Saint-Siège». «Le pape et ses collaborateurs croient que l’homme est toujours meilleur qu’il ne paraît, c’est pourquoi nous ne perdons jamais l’espérance». «Le Saint-Siège espère, encore une fois, que la République fédérale de Yougoslavie trouvera la paix pour tous et occupera la place qui lui revient aujourd’hui en Europe».
Orthodoxes serbes et catholiques: «bonnes relations»
Quant à sa rencontre avec le patriarche Pavle, au siège du patriarcat de Belgrade, Mgr Tauran l’a décrite comme «la démonstration des bonnes relations qui existent entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe de Serbie». D’après l’archevêque, les deux interlocuteurs se sont échangés des voeux mutuels pour Pâques, Mgr Tauran ayant été chargé de transmettre au patriarche ceux de Jean Paul II.
Enfin, cité toujours par le quotidien italien «Avvenire», un expert des questions religieuses du quotidien de Belgrade «Blic», Slobodan Eric, a commenté la rencontre en affirmant que «le fait que l’Occident se montre aujourd’hui non seulement avec le visage de l’OTAN mais aussi avec celle de l’Europe chrétienne, représenté par l’Eglise catholique, est très important pour nous». (apic/imed/pr)




