Belgique: La finance islamique intéresse de plus en plus les politiques

Mission de prospection dans le Golfe en décembre

Bruxelles, 28 novembre 2012 (Apic) La «finance islamique», basée sur des principes tirés de la charia, le droit islamique, s’installe en Europe. En Belgique, la Région bruxelloise va envoyer en décembre prochain une mission de prospection dans les pays du Golfe dans le but de trouver des capitaux pour des investissements. Selon Benoît Cerexhe, ministre bruxellois de l’économie et du commerce extérieur, ces pays concentrent des moyens financiers extrêmement importants.

Evoquant le poids de la finance islamique, qui était de 1’100 milliards de dollars en 2011, le ministre bruxellois affirme que cette finance «halal» devient de plus en plus importante: elle connaît une croissance constante, soit 24% par rapport à 2010. Le seuil des 2’000 milliards de dollars devrait être dépassé en 2013. Près des deux tiers de ces fonds se trouvent dans les pays du Golfe.

Importante population musulmane à Bruxelles

Le ministre bruxellois souligne encore que l’existence d’une importante population musulmane à Bruxelles est un atout dans les discussions avec les pays du Golfe. La mission va prospecter en Arabie saoudite, au Bahreïn et à Dubaï. Des réactions se sont fait entendre dans certains milieux politiques en Belgique face à la démarche de la Région bruxelloise, craignant qu’on mette ainsi en cause les fondements laïcs de l’Etat.

La finance islamique repose sur les enseignements du Coran, qui permet le commerce, mais prescrit que l’intérêt est illicite. C’est la prohibition du «ribâ», c’est-à-dire de l’intérêt. La spéculation (gharar) et le hasard (maysir) sont également prohibés. La doctrine interdit encore d’investir dans des produits considérés comme illicites (alcool, jeux de hasard, armement, élevage porcin). La finance «halal» prévoit aussi le partage des risques et des profits entre le prêteur et l’emprunteur, et l’adossement de tout financement à un actif tangible, excluant par exemple les produits dérivés.

La finance islamique prend pied en Europe

La finance islamique intéresse de plus en plus les décideurs en Europe, notamment en Grande-Bretagne, en France et au Luxembourg. Mardi 27 novembre, l’Institut Egmont (Institut Royal des Relations Internationales), un «think tank» indépendant basé à Bruxelles, organisait un séminaire sur «Le financement islamique en Europe» avec le soutien de l’ambassade d’Indonésie. Le 1er décembre 2012, à l’Université PARIS 8, l’Aidimm (Association d’innovation pour le développement économique et immobilier) organise un séminaire sur les «finances alternatives», avec pour angle la finance éthique, la finance islamique et la finance participative. (apic/com/be)

28 novembre 2012 | 10:13
par webmaster@kath.ch
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