Mobilisation de leaders religieux et de défense des droits de l’homme
Sri Lanka: «Sauvez Rizana, condamnée à mort en Arabie Saoudite»
Colombo, 19 décembre 2010 (Apic) Des leaders religieux chrétiens, musulmans et bouddhistes et de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme ont lancé un appel et signé une pétition pour sauver Rizana Nafeek. Cette jeune femme musulmane sri lankaise est condamnée à mort en Arabie Saoudite, rapporte l’agence Fides, le 18 décembre.
L’appel demande au Roi saoudien, Abdullah, la grâce de Rizana Nafeek. En octobre dernier, la Cour Suprême saoudienne a confirmé la condamnation à mort, émise en 2007, par un tribunal l’ayant reconnue coupable d’homicide. Rizana est accusée d’avoir tué, en 2005, un enfant de quatre mois, fils d’une femme saoudienne auprès de laquelle la jeune femme travaillait comme domestique.
Agée de 17 ans à l’époque des faits, Rizana n’avait reçu aucune formation en puériculture. Malgré cela, elle s’était vue confier le nouveau-né, sans qu’aucun contrôle ne soit exercé.
Remise en liberté demandée
Suite à une série de circonstances malheureuses, le bébé s’est étranglé et est décédé alors qu’il prenait son biberon, en l’absence de ses parents. Rizana a toujours proclamé son innocence, notant qu’il s’agissait d’un accident. Cependant, elle est accusée d’homicide et, vu ses problèmes linguistiques avec la langue arabe, elle a même signé une confession.
La sentence est actuellement suspendue. Un appel à la clémence a été transmis au Ministre des Affaires étrangères et au Roi saoudien. Le Roi pourrait accorder la grâce, confirmer la condamnation ou ignorer l’appel et congeler la situation.
La Caritas de Kandy a lancé une pétition afin de sauver Rizana, la faisant partir durant la Journée de l’ONU pour les Droits de l’Homme. La campagne, intitulée «Justice pour Rizana» a déjà enregistré l’adhésion de près de mille personnes – chrétiens, bouddhistes, hindous et musulmans – qui demandent sa remise en liberté. La campagne bénéficie également du soutien de la «Asian Human Rights Commission», qui a lancé l’appel «Sauvez Rizana»; appel repris par d’autres organisations de défense des droits de l’homme présentes au Sri Lanka et en Asie.
Rizana est l’une des milliers de travailleurs immigrés sri lankais, employés surtout au Moyen-Orient et en Europe. Ils garantissent à leur pays d’origine des entrées financières de plus de 3 milliards de dollars, constituant un soutien important à l’économie du Sri Lanka. (apic/fides/pa/ggc)



