Mauritanie: Un jeune de 30 ans condamné à mort pour apostasie

Mobilisation des organisations de défense des droits de l’homme

Nouakchott, 26 décembre 2014 (Apic) Des organisations internationales de défense des droits de l’homme ont dénoncé la condamnation à mort, le 24 décembre, d’un jeune mauritanien pour «apostasie». Selon le site de radio France internationale www.rfi.fr, les juges ont reproché à Mohamed Cheikh Ould Mohamed, d’avoir publié sur plusieurs sites internet «des écrits blasphématoires sur le prophète Mahomet».

Dans son article, Mohamed Cheikh Ould Mohamed critiquait les inégalités entre castes en Mauritanie. Il s’interrogeait aussi sur les sources coraniques de ce système. Son texte avait suscité une vague de mécontentement dans son pays.

Arrêté le 2 janvier 2014, il est considéré comme ayant changé de religion. Au lendemain de son arrestation, un prédicateur islamique à Nouadhibou a prononcé un fatwa contre lui, proposant la somme de 4’000 euros à quiconque l’assassinerait. De nombreux islamistes mauritaniens avaient aussi réclamé sa mise à mort, le qualifiant de «blasphémateur» et l’accusant d’avoir tenu des propos sataniques.

Pour sa part, Mohamed Cheikh Ould Mohamed s’est défendu d’avoir voulu porter atteinte au prophète Mahomet dans des écrits à partir desquels on lui prêtait des intentions qui n’étaient pas les siennes. Il a exprimé son repentir.

Mobilisation des organisations internationales

Mamadou Sarr, secrétaire exécutif du Forum des organisations des droits de l’homme (FONADH), a estimé que cette sentence était «largement exagérée pour une simple opinion divergente». Selon lui, le verdict «démontre l’absence d’indépendance de la justice en Mauritanie». «C’est la rue qui fait la justice. Des manifestants ont appelé à la peine de mort et il ne fallait pas les décevoir. Mais que la justice et l’Etat doivent être au dessus des émotions. Si on fonctionne sur la base des pressions, on ne pourra jamais faire un procès indépendant», a-t-il déploré.

De son côté, Gaetan Mootoo, chargé de l’Afrique à Amnesty International, a rappelé que c’est la deuxième fois en trois mois, qu’une peine de mort est prononcée en Mauritanie. «Nous allons tout faire pour que cette peine ne soit pas exécutée et nous allons faire pression, écrire aux autorités mauritaniennes et il y a également un droit d’appel», a-t-il annoncé, tout en se félicitant de constater que sur toutes les peines de mort prononcées en Mauritanie depuis 1987, «aucune exécution légale n’a eu lieu. Sur ce plan-là, nous sommes assez optimistes puisque pour notre organisation, la Mauritanie est classée parmi les pays de facto abolitionnistes. Il n’y a pas eu de peine de mort exécutée au cours de ces deux dernières décennies». (apic/rfi/ibc/bb)

26 décembre 2014 | 16:59
par webmaster@kath.ch
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