Les religieux condamnent le gouvernement Aleman
Moins d’argent pour les Université aux Nicaragua: affrontements entre étudiants et policiers
Managua, 16 juillet 1997 (APIC) Les étudiants et la police s’affrontent dans les rues de la capitale du Nicaragua, à la suite de la décision du président Aleman de rogner sur le budget de l’enseignement supérieur. Les religieux du pays critiquent sévèrement les mesures gouvernementales. Ils lancent un appel à ne pas sombrer dans l’engrenage de la violence.
Dans une lettre pastorale, publiée le 10 juillet par 17 communautés religieuses catholiques – Franciscains, Capucins, Dominicains, et la Société de Maryknoll, entre autres – les religieux s’inquiètent de la flambée de violence. Selon eux, nombreux sont les habitants qui reconnaissent ne pas avoir vu une telle violence depuis l’insurrection sandiniste de 1979 et le renversement de Somoza.
Cette violence fait suite à trois semaines d’affrontements acharnés entre la police et les étudiants. Ces derniers protestent contre la décision prise par le président Arnoldo Aleman de s’opposer à la clause constitutionnelle, qui prévoit de consacrer 6 % du budget du pays à l’enseignement supérieur. Quelque 36 millions de dollars devaient être affectés aux Universités du Nicaragua.
Le président Aleman entend octroyer une plus petite somme et ne laisser au Conseil national des universités qu’une petite part de l’argent, sous prétexte que ce dernier comprend des recteurs jugés gauchistes aux yeux du pouvoir.
Le conflit a fait de nombreux blessés et de gros dégâts. Un grand nombre de voitures ont été incendiées. L’état de siège règne en pratique autour des deux campus de la capitale.
Dans leur lettre, les religieux estiment que l’attitude des étudiants est discutable. Ils condamnent néanmoins la violence policière déployée contre les étudiants: violation de l’autonomie universitaire par la police anti-émeute, perquisitions sans mandat dans les maisons des quartiers pauvres, omniprésence des forces de l’ordre dans la capitale.
Les auteurs du document réclament l’arrêt de toutes les formes de violence. Ils ne demandent cependant pas aux étudiants d’arrêter leurs protestations, qu’ils considèrent comme «une forme valable et légitime de lutte populaire» dans une société démocratique.
Exprimant leur «colère évangélique», les auteurs critiquent le gouvernement Aleman. Ils l’accusent d’appliquer «des mesures politiques, économiques, sociales et culturelles qui n’ont rien à voir avec l’enseignement de l’Evangile de Jésus de Nazareth». Les religieux appellent enfin les Nicaraguayens à recourir à la «non-violence active» et à faire preuve d»’imagination créatrice» pour trouver la voie qui conduit à une culture de paix et à la réconciliation. (apic/eni/oc)



