Pour une solution pacifique avec les séparatistes de Transnistrie
Moldavie: Le pape veut aider le pays à se débarrasser de l’utopie de la justice sans la liberté
Rome, 18 mai 2006 (Apic) Le pape veut aider la Moldavie, une ancienne République soviétique située entre la Roumanie et l’Ukraine et devenue indépendante en 1991, à se débarrasser de l’utopie de la justice sans la liberté. Benoît XVI recevait jeudi 18 mai le nouvel ambassadeur de Moldavie au Vatican, Valeriu Bobutac.
Depuis trop longtemps, la Moldavie souffre de l’utopie imposée de «la justice sans la liberté», a souligné le pape, tandis que l’Europe de l’ouest est exposée au danger d’une autre utopie, celle de la «liberté sans vérité», due à une mauvaise interprétation de la «tolérance». Le pape a alors jugé comme essentiel d’éviter ces deux visions partiales et de redécouvrir la liberté authentique, héritage d’une foi commune.
Le pape allemand s’est dit conscient du défi que représente le passage en douceur vers la démocratie de cette ancienne République soviétique et la difficulté de se faire une place dans la communauté internationale. «L’intérêt que témoigne votre gouvernement dans la poursuite du dialogue avec tous les Etats d’Europe est accueilli par le saint-Siège comme un signe d’espoir pour le continent», a ajouté le pape.
Saluant tous les habitants de la Moldavie «et particulièrement la communauté catholique, sous la direction de l’évêque de Chisinau Mgr Anton Cosa», le pape a relevé que bien que ne constituant qu’une faible proportion de la population, les catholiques moldaves sont fiers du riche patrimoine culturel de leur patrie.
Ils tiennent à participer à la vie nationale, en contribuant plus particulièrement à la vie sociale. «Cette activité découle de la vraie nature et de la mission de l’Eglise, ce qui inclut un engagement à promouvoir la dignité de l’être humain et de venir en aide à ceux qui souffrent de quelque manière que ce soit», a souligné le pape.
L’Eglise a également à coeur la question du statut de la Transnistrie, une petite bande de territoire de 4’000 km2, soit quelque 12 % du territoire de la Moldavie et peuplée de 800’000 habitants, majoritairement Russes et Ukrainiens. Zone russophone située dans la partie orientale de la Moldavie entre le Dniestr (Nistru en moldave) et la frontière ukrainienne, la Transnistrie est en état de sécession depuis 1990, et mais ce pseudo-Etat n’est pas reconnu par la communauté internationale.
«Je demande à votre gouvernement de persévérer dans la recherche d’une solution pacifique et de travailler en harmonie avec les organes de l’Union Européenne et les autres organisations internationales pour résoudre le conflit», a-t-il déclaré.
Valeriu Bobutac est né le 13 mars 1945. Historien de formation, il a été vice-président de la municipalité de Chisinau, la capitale de la Moldavie, de 1981 à 1985, puis ministre du Commerce de 1985 à 1992. Depuis 2004, il était ambassadeur en Hongrie, où il réside. Les catholiques sont largement minoritaires en Moldavie, avec 20’000 fidèles, soit 0,5% de la population, contre 93% d’orthodoxes. Ce sont des latins et non des slaves et leur langue liturgique est le roumain.
L’Eglise orthodoxe officielle dépend du patriarcat de Moscou, mais certains orthodoxes pro-roumains exigent le rattachement avec le patriarcat de Roumanie. De manière générale, la Moldavie traverse une crise identitaire, déchirée entre roumanophones pro-occidentaux et russophones pro-slaves. (apic/imedia/cp/be)



