«Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné ?»
Berne : Prière nationale pour les victimes de la guerre et de la violence en Syrie et en Irak
Berne, 7 septembre 2014 (Apic) «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Les paroles du Psaume 22 ont pris une résonance particulièrement forte, le 7 septembre 2014 à Berne lors de la prière nationale pour les victimes de la guerre et de la violence en Syrie et en Irak. Quelque 500 personnes ont rempli l’église catholique-chrétienne Sts Pierre et Paul pour s’unir à leurs frères et soeurs du Moyen-Orient.
Convoquée par la Communauté de travail des Eglises chrétiennes de Suisse (CTEC), cette célébration oecuménique a rassemblé les représentants des diverses confessions chrétiennes, mais aussi des yézidis et des alévis. «Nous vivons dans un pays en paix où la liberté religieuse est reconnue. Nous sommes ici pour exprimer notre solidarité avec les persécutés. Nous croyons à la force de la prière», a souligné la pasteure Rita Famos, présidente de la CTEC. «Cette prière doit nous pousser à nous engager pour la mise en oeuvre de ce pourquoi nous prions. En ce sens elle se veut un appel et un encouragement à nos autorités à agir davantage pour la paix et un soutien à toutes les organisations humanitaires qui viennent en secours aux victimes.»
L’archevêque de l’Eglise orthodoxe syrienne de Suisse Isa Gürbüz a invité à ouvrir les yeux et les coeurs sur le ‘génocide’ qui frappe le peuple en Syrie et en Irak. Le monde doit être au courant avant qu’il se soit trop tard, avant que la civilisation chrétienne d’Orient ne disparaisse.
La récitation par la foule du Psaume 22, que le Christ lui-même a prononcé sur la croix, a pris une actualité frappante. «Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? Pourquoi restes-tu si loin sans me secourir, sans écouter ma plainte ? Toi qui es ma force, viens vite à mon secours !»
La responsabilité de faire cesser l’agression
Au nom de la Conférence des évêques suisses (CES), son vice- président Mgr Charles Morerod a rappelé la responsabilité simplement humaine de faire cesser l’agression. Mais il a tenu à souligner que ce que les chrétiens peuvent apporter au Proche-Orient c’est le pardon et la réconciliation. «Le Christ est la réponse et il nous invite à pardonner. »
«La paix n’est pas seulement un état. C’est une mission que nous avons à remplir tous les jours de notre vie», a renchéri le pasteur Gottfried Locher, président du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS). La paix est aussi une semence pour la vie. Enfin elle le témoignage de Jésus Christ.
Dans la foule de nombreuses personnes arborant un tee-shirt frappé du slogan «I am nasrany»(Je suis nazaréen) attestaient de leur appartenance. Et c’est dans la langue de Jésus, l’araméen, que le Notre Père a été chanté.
Pour clôturer la célébration, les membres du clergé et la foule se sont rassemblés en un cercle de silence sur la place de l’Hôtel de ville de Berne. (apic/mp)



