90 millions dont 40 en Amérique latine arpentent les trottoirs

Monde: Conflits armés et sida aggravent le phénomène des enfants de la rue

Madrid, 27 janvier 2004 (Apic) Deux revues «Mundo Negro» en Espagne et «Populi» en Italie attirent l’attention sur la situation dramatique des enfants de la rue, évalués à 90 millions dans le monde, dont 40 millions pour la seule Amérique latine, 10 en Afrique et 18 en Inde.

Les conflits armés et le sida aggravent le problème qu’ignorent les pouvoirs. En Amérique latine, les médias sont accusés de renforcer l’image des enfants les faisant passer pour des «monstres infernaux», rapporte pour sa part l’agence internationale «Fides» à Rome.

Dans son éditorial, la revue mensuelle «Mundo Negro» invite «à élever la voix en demandant à la communauté internationale de faire devenir réalité ce qui a été déclaré par la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant». La revue tenue par les missionnaires comboniens décrit la situation comme «une des plus grandes tragédies, pour ne pas dire honte – de la société moderne».

Dans le continent noir, la revue situe l’origine de ce phénomène dans l’instauration de politique économique du libre marché ces dernières années. Celle-ci a provoqué une situation de misère pour de vastes secteurs de la population. La pauvreté dans les zones rurales a poussé des paysans à aller chercher une vie «meilleure» en ville. Mais, cet exode n’a fait que grossir le nombre des marginalisés.

«La majorité des enfants de la rue, écrit «Mundo Negro», proviennent des régions marginalisées, de familles détruites par la pauvreté, qui sont incapables de s’occuper de leurs enfants et en arrivent à les maltraiter, en les contraignant à gagner leur vie tout seuls».

«Popoli», revue des jésuites italiens, consacre également un dossier sur les enfants de la rue en Amérique centrale, intitulé «Grandir dans la rue». La revue examine en particulier le phénomène des bandes de jeunes. Depuis plusieurs dizaines d’années, affirme-t-elle, l’ombre d’une typologie particulière de groupes de jeunes s’étend sur les quartiers marginaux des grandes villes latino-américaines. Les noms utilisés par la presse, la police et l’opinion publique sont des plus variés, «gallada», cliques.

Dépasser les préjugés

En Amérique centrale, ou encore au Pérou, on parle surtout de «pandilla» ou de «mara». Leur image est fortement influencée par les médias, qui, en général, décrivent ces jeunes comme des «monstres infernaux+, des délinquants contre lesquels on ne peut que recourir à la force en utilisant les moyens conséquents. Il s’agit, selon l’opinion commune, de sujets qui fondent leur propre vie sur la violence, sur les vols, sur les drogues. Mais cette vision en blanc et noir n’a rien à voir avec la réalité. «Pour dépasser les préjugés, il faut connaître les dynamiques internes de ces groupes, et les raisons pour lesquelles les jeunes y entrent».

L’histoire des droits de l’enfant remonte au XVIIIème siècle. En 1793, la Révolution française a rendu obligatoire et gratuit l’enseignement primaire. En 1978, aux Nations Unies une commission a été créée pour plancher sur une déclaration solennelle des droits de l’enfant. La convention internationale des droits de l’enfant a vu le jour le 20 novembre 1989. A ce jour, 184 pays ont ratifié cette convention les obligeant ainsi à mettre leurs lois en conformité avec ce texte constitué d’un préambule et de 54 articles. Les Etats-Unis ne l’ont pas signé, car la convention interdit la peine de mort pour les mineurs. A ce sujet, «Amnesty international» vient de lancer une action pour mettre fin d’ici 2005 à l’exécution des mineurs. En 2003, l’ONU a institué une «Journée mondiale contre le travail des enfants», célébrée le 12 juin de chaque année. On est loin du compte. (apic/fides/dia/pr)

27 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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