De Bethléem à Bagdad
Monde: La fête de Noël, partout dans le monde
Bethléem, 26 décembre 2005 (Apic) Partout dans le monde, Noël a été célébré, de Rome à Bethléem en passant par Bagdad, de l’Amérique latine à l’Afrique. Plusieurs dizaines de milliers de fidèles ont vécu la nuit de Noël samedi à Bethléem. Samedi, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabah, arrivé en procession pour célébrer la messe de Noël, a appelé à «supprimer le mur» de séparation érigé par Israël coupant la ville de Jérusalem.
«Il faut supprimer les murs et ériger à leur place des ponts de paix et d’amour», a déclaré le patriarche affirmant que la construction de ce mur, censé protéger l’Etat juif des attentats, avait transformé Bethléem en «une immense prison».
Dans son prêche de Noël, Mgr Sabbah a adressé un message de paix et d’espoir et réclamé justice pour les Palestiniens. Dans la ville qui a vu naître l’enfant-Jésus, tout le monde s’est félicité de l’afflux de pèlerins, sans précédent depuis cinq ans, qui ont bravé les intempéries pour la fête de Noël.
Les célébrations se sont déroulées sans le moindre incident, sous la surveillance de la police palestinienne déployée en force, alors que l’armée israélienne avait allégé les contrôles, d’habitude stricts, à l’entrée de la ville.
«Trente mille touristes et pèlerins sont arrivés pour la fête, soit deux ou trois fois plus que l’an dernier», se réjouit Victor Batarseh, le maire chrétien de cette ville à majorité musulmane de 40’000 habitants.
Comme son prédécesseur, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a assisté à la messe de minuit comme le veut la coutume en présence des consuls généraux à Jérusalem, dans l’église attenante à la basilique de la Nativité.
Dans la discrétion
A Bagdad aussi, les chrétiens ont célébré Noël, mais dans la discrétion, en priant pour la paix en Irak. Privés de messe de minuit pour raisons de sécurité, les chrétiens de Bagdad ont célébré discrètement l’office de Noël samedi après-midi.
Un office a été concélébré par Mgr Emmanuel Delly, patriarche de Babylone, chef spirituel de la principale communauté chrétienne d’Irak, les Chaldéens, qui représentent moins de 3% de la population du pays.
En Indonésie, la nuit de Noël a été calme. Dans le plus grand pays musulman du monde, la police redoutait des attentats islamistes contre la minorité chrétienne. Des milliers de policiers ont du reste surveillé les églises afin d’éviter une répétition du sanglant Noël 2000, quand une vague coordonnée d’attentats islamistes contre des lieux de culte chrétiens avait fait 19 morts et des dizaines de blessés. Dans la capitale Jakarta, la police a déployé plus de 16’000 hommes.
En Amérique latine, la fête de Noël a été célébrée avec ferveur un peu partout, y compris en Colombie, pays en guerre depuis des années, mais qui nourrit l’espoir d’une paix retrouvée.
Antonio Garcia, chef militaire de la guérilla colombienne de l’ELN, qui a entamé la semaine passée à Cuba des discussions avec le gouvernement colombien pouvant déboucher sur des pourparlers de paix, a demandé à rencontrer le pape Benoît XVI, selon le cardinal colombien Dario Castrillon. Autre espoir sinon de paix du moins de voir prendre fin la captivité de centaines d’otages aux mains des FARC, dont Ingrid Betancourt: les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) se disent en effet prêtes à négocier avec la Suisse, la France et l’Espagne. Ces trois pays doivent leur exposer un plan sur un échange de prisonniers entre la guérilla et le gouvernement. Quant au président vénézuélien Hugo Chavez, il a salué samedi «un Christ socialiste» et «rebelle», et adressé un message d’amour à ses opposants politiques.
En Afrique enfin, Noël pas «comme les autres pour les enfants de réfugiés togolais au Bénin, qui fêteront leur Noël le 28 décembre, journée qui sera à l’enseigne de la solidarité. Mais les jouets seront au rendez-vous, certes avec quelques jours de retard. «Cette journée sera placée sous le signe de la solidarité, de la rencontre, du brassage entre enfants de nationalité togolaise réfugiés dans notre pays et les petits béninois orphelins du sida», explique à Misna Soeur Léonie, secrétaire général de la section béninoise de la Caritas.
Mexique: Les dindes de Noël écologiques des Mayas
Pour rester fidèle aux traditions
Mexico, 26 décembre 2005 (Apic) Fidèles à leurs coutumes traditionnelles, les indigènes Mayas du Yucatán, au Mexique, n’ont pas renoncé au plat traditionnel des fêtes de Noël: la dinde.
Mais contrairement à celle que tous les Mexicains peuvent facilement trouver dans les supermarchés, la dinde traditionnelle des Mayas se distingue par le type d’élevage et les ingrédients ancestraux utilisés pour la nourrir, qui en font un plat au goût unique et aujourd’hui encore très recherché dans tout le pays.
«Nous les nourrissons avec des graines spéciales, seulement de la semoule de maïs, de l’herbe et les restes de nos repas quotidiens avec les résidus de la production de maïs», explique Bernardo Marcelo León, qui dirige une coopérative de producteurs artisanaux. Bien entendu, il existe aussi des recettes secrètes: «Pour quelques formes de pathologies bénignes, nous les soignons avec le ’Huaxin’, une plante qui purifie l’organisme et du jus de citron créole dissous dans l’eau, en reprenant les traditions de nos ancêtres» ajoute Bernardo.
Chaque année, des milliers de Mexicains se rendent dans des localités comme Tzucacab et font patiemment la file pour acheter la dinde indigène, le ’pavo indio’ aujourd’hui rebaptisé «pavo ecológico», certifié par la «Escuela de agricultura organica» de Maní. (apic/misna/pr)



