Turin: Le Saint-Suaire sera exposé du 10 avril au 23 mai
Montré au public pour la première fois depuis sa restauration en 2002
Turin, 9 avril 2010 (Apic) Pour la première fois depuis sa restauration en 2002, le Saint-Suaire sera exposé dans la cathédrale de Turin (Italie) du 10 avril au 23 mai. Le linceul dans lequel, selon les Ecritures, le Christ aurait été enveloppé après sa mort, avait été exposé à 8 reprises entre 1898 et 2000. Cette nouvelle ›ostension’ devrait attirer 2 millions de visiteurs à Turin. Le 2 mai, pour la première fois de son pontificat, Benoît XVI ira lui aussi se recueillir devant cette pièce de tissu dont les premières traces avérées remontent au 14e siècle.
Cette ostension du Saint-Suaire est, selon l’archevêque de Turin, une «initiative spirituelle et pastorale et non un événement de tourisme religieux», même si cette pièce de tissu demeure «un grand mystère». Mais pour le cardinal Severino Poletto cette exposition entend être «une occasion d’offrir à la foi chrétienne une aide à la méditation, à la prière, à la contemplation de la souffrance extraordinaire et mystérieuse du Christ».
Le linceul est un grand drap de lin, de 4,41 m de long sur 1,13 m de large, contenant la double image du corps d’un homme qui pourrait être le Christ, un homme soumis à une série de tortures avant d’être crucifié. Cependant, l’authenticité de ce linceul, qui aurait enveloppé le corps de Jésus au tombeau, a souvent été mise en doute. «Il n’y a pas de certitude mathématique que le Saint-Suaire soit le linceul authentique qui a enveloppé le Christ», reconnaît ainsi le cardinal Poletto, mais «toutes les tentatives faites pour imiter ou recréer artificiellement» le linceul «ont échoué».
La vénération du linceul de Turin fut autorisée par Jules II (1503-1513) en 1506 mais, pour l’Eglise, «le suaire n’est pas une donnée de foi, chacun est libre de se former une opinion» et il convient de «ne pas s’arrêter à l’image gravée sur la toile».
Visité deux fois par Jean Paul II
«Chaque fois que l’on a la possibilité de le contempler, on en reste profondément frappé», avait affirmé Jean Paul II lors des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de 2000, alors que cette «relique insolite et mystérieuse» était exposée à Turin dans le cadre de l’année jubilaire. Le pape polonais s’était rendu deux fois à Turin pour voir le linceul, en avril 1980 puis en mai 1998, un an après l’incendie de la cathédrale de Turin qui avait menacé le suaire dans la nuit du 11 au 12 avril 1997. Le cardinal Karol Wojtyla s’était déjà recueilli devant le Saint-Suaire quelques semaines avant son élection, en 1978.
Authenticité remise en question
Les premiers témoignages avérés du Saint-Suaire remontent à la moitié du 14e siècle. L’histoire du linceul commence ainsi de manière certaine à Lirey, en France, aux environs de 1357. Il appartient alors à la famille de Charny. Après de nombreuses péripéties, il passe aux mains de la famille de Savoie en 1453. En 1532, un incendie a failli le détruire. Puis c’est Humbert II (1904-1983), le dernier roi d’Italie, qui en fait don au Vatican en 1980.
En 1988, les résultats de la méthode de datation au carbone 14 font remonter l’origine du linceul au Moyen Age, entre 1260 et 1390, écartant les hypothèses avancées depuis des décennies. Cependant, la nature et le processus de formation de l’image sur le Saint-Suaire restent inexpliqués. Depuis, la datation au carbone 14 de cette pièce de tissu a plusieurs fois aussi été remise en question.
S’il a été exposé pour la première fois au public à Turin en 1578, le linceul a été photographié pour la première fois lors de l’ostension de 1898. Puis, au cours du 20e siècle, il fut exposé à 7 reprises: en 1931, en 1933 pour l’Année sainte extraordinaire (19e centenaire de la mort et de la résurrection du Christ), en 1969 sous le pontificat de Paul VI (1963-1978) pour une exploration du linceul au cours de laquelle furent prises les premières photographies en couleur.
En 1973 eut lieu la première ostension télévisée en direct. En 1978, 3 millions de pèlerins se rendirent dans la cathédrale de Turin à l’occasion du 4e centenaire du transfert du Saint-Suaire de Chambéry (France) à Turin. En 1998, l’ostension fut transmise sur Internet. Enfin, en 2000, lors de l’année jubilaire, la plus longue ostension de l’histoire récente, 72 jours, fut organisée et plus de 3 millions de personnes passèrent devant le linceul.
Le linceul de Turin est maintenant conservé à plat dans une chasse spéciale à température et humidité constantes.
Note: Inscriptions pour visiter le suaire sur le site internet www.sindone.org, ou sur place durant la période de l’exposition, devant le Dôme du Turin. (apic/imedia/lb/bb)




