Nécessité d’une mise à jour des conditions d’admissibilité
Montréal: Pas d’imposition de dépistage du sida pour les candidats à la prêtrise
Montréal, 17 février 2004 (Apic) L’archevêché de Montréal annonce qu’il n’imposera pas de dépistage du sida obligatoire pour ses candidats à la prêtrise. Il précise dans un communiqué publié lundi «qu’aucune directive écrite n’a jamais été émise exigeant le test de dépistage du VIH et que l’imposition d’un tel test est exclue dans l’avenir» pour ceux qui entrent au Grand Séminaire de Montréal.
En janvier dernier, le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, avait annoncé sa décision d’imposer un tel test à ceux qui entrent au Grand Séminaire. Mgr Turcotte relevait alors que l’état de santé des candidats était un élément important à considérer dans l’exercice du sacerdoce. Il avait cependant tenu à préciser que le but n’était pas d’identifier les candidats d’orientation homosexuelle, l’orientation sexuelle ne faisant pas partie des critères de sélection: «Ce n’est pas ce qui compte pour l’Eglise, mais c’est la capacité de vivre le célibat.»
En priorité, la capacité de vivre le célibat
Mais les organisations d’homosexuels et les mouvements engagés dans la prévention du sida avaient plutôt mal réagi, craignant que ces tests de dépistage ne servent à envoyer un message dangereux à la société québécoise, au secteur privé et aux gouvernements: il serait approprié de diviser les êtres humains entre ceux qui sont infectés par le VIH et ceux qui ne le sont pas.
Ces milieux craignent que l’on ne désigne le sida comme une «maladie honteuse» et que les tests n’engendrent des discriminations. Et de relever qu’une telle décision contrevient à l’esprit, sinon à la lettre, de la Charte des droits et libertés du Québec et de la Charte canadienne des droits et libertés qui interdisent toute discrimination basée sur un handicap.
Poursuite de la réflexion
L’archevêché de Montréal, souhaitant apporter un nouvel éclairage sur les conditions d’admissibilité des candidats à la prêtrise, va poursuivre sa réflexion sur la question. Il tient à rappeler que «le droit de l’Eglise catholique prescrit que seuls peuvent être ordonnés prêtres ceux qui sont dotés des qualités spirituelles, intellectuelles, psychiques et physiques en rapport avec le sacrement de l’ordre qu’ils vont recevoir.»
Toujours à la recherche des meilleurs candidats à la mission pastorale, l’archevêché de Montréal réfléchit depuis plusieurs mois – notamment au plan canonique, légal, médical et éthique – sur la nécessité d’une mise à jour des conditions d’admissibilité des candidats à la prêtrise au Grand Séminaire de Montréal. Aucune décision définitive n’a cependant été prise.
Tout en tenant compte des exceptions prévues pour les religions, l’archevêché de Montréal déclare partager et respecter les valeurs de la société québécoise incluses dans la Charte des droits et libertés de la personne. (apic/com/rc/be)



