Les protestants fribourgeois se penchent
Morat: Synode de l’Eglise réformée (310594)
sur les ministères spécialisés et sur l’instruction religieuse
Morat, 31mai(APIC) Les délégués du Synode de l’Eglise évangélique réformée du canton de Fribourg (EERF) ont tenu leur session de printemps lundi
30 mai à Morat. Ils y ont entendu un rapport fort nuancé du président du
Conseil synodal, le pasteur Michel Lederrey, qui a fait état de sa réflexion sur l’avenir des structures de l’Eglise. Il a été question des ministères paroissiaux mais aussi de l’évaluation des postes cantonaux, à laquelle le Synode a préféré une supervision à long terme. Après avoir adopté
des comptes 1993 plutôt réjouissants, le législatif de l’Eglise fribourgeoise a montré sa confiance envers le Centre réformé de Charmey en approuvant ses objectifs et son nouvel organigramme.
Les délégués au Synode de l’EERF ont complété le bureau du législatif en
élisant leur vice-président en la personne du pasteur Peter Altorfer (Ferenbalm). Au chapitre des comptes, L’excédent de recettes 1993 de 37’356
francs (sur un total de dépenses de 903’023 francs) sera mis à disposition
du Conseil synodal pour faire face à des dépenses imprévues. Cela concerne
entre autres les contributions à la Conférence des Eglises romandes ainsi
qu’à la Fédération des Eglises protestantes de Suisse, qui se trouvent augmentées suite à l’accroissement du nombre de protestants fribourgeois (recensement de 1990). Cela concerne également le souhait du Conseil synodal
de se préoccuper davantage des affaires sociales.
Un des points forts de la session de printemps réside traditionnellement
dans le rapport du Conseil synodal. Le pasteur Michel Lederrey, président
de l’exécutif de l’EERF, fait état de certaines difficultés entre des paroisses et leurs ministres. Le Conseil synodal a dû arbitrer plusieurs situations tendues, à l’occasion de remplacements ou nomination des pasteurs.
A long terme, le pasteur Lederrey se demande si la création d’une «commission des ministères» ne serait pas souhaitable, ainsi que l’unification des
salaires des ministres au sein d’une caisse centrale de l’EERF. Ces changements de structures, proposés à titre personnel par le président du Conseil
synodal, n’ont pas été discutés par le Synode.
Le Synode avait par contre à se prononcer sur une motion demandant
l’évaluation des postes cantonaux. Le Synode s’est rendu compte que, s’il y
a dans l’EERF 15 tâches cantonales (aumôneries d’hôpital, de jeunesse, écoles, handicapés, formation, etc), celles-ci sont assumées par 9 ministres,
qui ne représentent que 4,50 places de travail à plein temps. Ces 4,5 postes sont pris en charge pour 2,8 par l’Etat et 1,7 par l’Eglise. Les délégués ont jugé qu’un «audit» coûtant 26’000 francs ne serait pas raisonnable. La motion, qui avait été ressentie comme une mesure de défiance envers
les postes cantonaux, s’est transformée en un mouvement de soutien à ces
postes: ces ministres si peu nombreux, travaillant à temps partiel et courant le risque d’isolement devraient être mieux appuyés. Plutôt que de dépenser 20 000 francs en évaluation, le Synode a préféré les dépenser en supervision de ses ministres spécialisés. Ce débat sera repris au Synode
d’automne.
Centre de Charmey: on progresse!
Le rapport concernant les objectifs, finances et organigramme du Centre
réformé de Charmey a été adopté sans grande discussion par le Synode.
Le responsable-résident, dès qu’il sera engagé, d’entente avec le Conseil
synodal et le bureau administratif, mettra en forme les cahiers des charges
et engagera les personnes nécessaires. Leur entrée en fonction pourrait
avoir lieu en hiver 1995. Quant aux comptes 93 du Centre, ils se concluent
par un excédent de recettes de 86’845 francs, ce que le Conseil synodal interprète comme un regain de confiance dans la maison de l’EERF.
Enseignement religieux et oecuménisme
L’enseignement religieux, dans le canton de Fribourg est placé sous la
pression de quatre groupes intéressés les catholiques francophones, les
catholiques alémaniques, les réformés francophones et les réformés alémaniques. Chaque groupe se présente avec une tradition d’enseignement différente. Chaque groupe ayant une voix, les catholiques francophones, majoritaires dans le canton, craignent de se faire dicter la loi par les trois groupes minoritaires. Les trois groupes minoritaires revendiquent de leur côté
que l’Etat ne se contente pas de consulter le groupe majoritaire. Ils demandent aux catholiques francophones de cesser de négocier avec l’Etat,
avant d’avoir défini une position commune. «De fait, ce n’est pas une question d’oecuménisme, déclare le pasteur Lederrey. C’est un enchevêtrement
de la question linguistique et de la question confessionnelle. Le risque
est que l’Etat cherche à mettre en place une solution unitaire, ce qui est
impossible.»
Ce Synode de printemps reprenant la question de la confirmation a renoncé à proposer un quelconque règlement concernant la confirmation. Contrairement au Synode vaudois, le législatif de l’Eglise fribourgeoise a pris
acte des différentes pratiques en vigueur dans les paroisses sans chercher
à les unifier. La confirmation restera donc de la compétence des paroisses.
(apic/spp/jms/mp)




