«Mort aux idolâtres» écrit sur le mur du couvent de Beit Jamal

Israël: Nouvelle agression au cocktail Molotov contre un monastère chrétien

Beit Shemesh, 22 août 2013 (Apic) La police israélienne a promis de faire toute la lumière sur la nouvelle agression au cocktail Molotov commise contre un monastère chrétien en Israël. Les auteurs sont vraisemblablement des colons extrémistes du mouvement radical «le prix à payer» (»price tag»). Dans la nuit de lundi à mardi 20 août 2013, ils ont tenté d’incendier à l’aide d’un cocktail Molotov le couvent des Sœurs de Bethléem de l’Assomption de la Vierge, une communauté contemplative vivant à Beit Jamal, près de la ville de Beit Shemesh, située à environ 30 kilomètres à l’ouest de Jérusalem.

Cette nouvelle attaque contre une institution chrétienne en Israël, qui crée l’insécurité au sein de la petite minorité chrétienne de la région, a été dénoncée mercredi 21 août par le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, qui s’est rendu au monastère.

Des extrémistes qui agissent en toute liberté

La police soupçonne les auteurs de l’agression d’être des membres du mouvement extrémiste juif «le prix à payer», voulant se venger de l’évacuation de la colonie sauvage de Migron. Cet acte de vandalisme fait partie d’une longue liste d’attaques contre les chrétiens de Terre Sainte, qui restent la plupart du temps impunis. Des mosquées ont également été prises pour cibles par ces colons extrémistes, qui ne sont toujours pas déclarés «hors-la-loi».

Les assaillants ont une nouvelle fois peint sur les murs du monastère des slogans menaçants, comme «mort aux gentils» (un mot qui désigne pour les juifs les païens et les idolâtres), «vengeance», «price tag». Selon le quotidien israélien «Haaretz», les Sœurs de Bethléem ne se sont aperçues que le lendemain de cet acte de malveillance, quand les visiteurs leur ont signalé les dégâts. «Les sœurs sont sous le choc, ce sont les gens les plus non violents qui soient, pourquoi ont-ils fait cela ?», se demande une femme juive proche des religieuses, citée par le journal israélien.

Un racisme nauséabond

A propos de la dernière attaque contre le couvent des Sœurs de Bethléem, Gadi Gvaryahu, président de la «Bright Tag Coalition», estime qu’elle est directement liée aux attaques contre une vingtaine de lieux de culte chrétiens et musulmans commises ces dernières années par des extrémistes juifs qui veulent créer des troubles entre les différentes communautés religieuses et cherchent à provoquer un bain de sang.

Gadi Gvaryahu est à la tête d’une coalition de 35 groupes religieux et laïcs qui luttent contre le racisme croissant parmi les juifs en Israël. Ce mouvement est né après la publication, en 2010, de «La Torah du roi», un ouvrage des rabbins Yossef Elitzur (ce dernier résidant dans la colonie d’Yitzhar dans le nord de la Cisjordanie) et Yitzhak Shapira. Les deux extrémistes religieux affirmaient que les non-juifs ne sont pas, «par nature, sujets à la compassion» et que les attaquer «peut freiner leurs inclinations malignes». Ils estimaient également qu’il peut être licite de tuer les bébés et les enfants des «ennemis d’Israël, car il est clair qu’ils nous porteront préjudice lorsqu’ils auront grandi».

Le quotidien «Haaretz» rappelle qu’en 2007, le terroriste juif d’origine américaine Jack Teitel, condamné depuis pour l’assassinat de Palestiniens et d’homosexuels, avait fait exploser une bombe près du monastère, blessant un conducteur de tracteur travaillant pour le couvent. «On lui avait dit que les prêtres y séduisaient des enfants juifs avec des bonbons», selon le blog Rue89. (apic/haar/be)

22 août 2013 | 12:32
par webmaster@kath.ch
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