Mort d'un «apôtre des pauvres»
Vietnam: Décès de Mgr Paul Nguyên Thanh Hoang, évêque émérite de Phan Thiêt
Hô-Chi-Minh-Ville, 23 août 2014 (Apic) Les obsèques de Mgr Paul Nguyên Thanh Hoang, évêque émérite de Phan Thiêt, un ville du Vietnam du Sud à quelque 200 km de Hô-Chi-Minh-Ville, se sont déroulées le 21 août 2014 dans la chapelle de l’institut séculier «La Charité sociale», une communauté religieuse fondée par le défunt. L’évêque, qui aurait fêté ses 75 ans en novembre prochain, était connu comme un «apôtre des pauvres», rappelle «Eglises d’Asie» (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. Il venait en aide aux orphelins victimes de la guerre qui sévissait alors au Vietnam.
C’est dans cet institut que l’évêque avait passé les derniers jours de sa vie jusqu’à son décès. Il avait lui-même formulé le vœu d’être inhumé en ce lieu. C’est l’évêque actuel du diocèse de Phan Thiêt, Mgr Joseph Vu Duy Thông, qui a présidé la cérémonie, en compagnie de quinze évêques et plusieurs centaines de prêtres. Une foule nombreuse avait tenu à rendre hommage à celui qui a cherché à réaliser pratiquement la béatitude évangélique: «Bienheureux les pauvres».
«Bienheureux les pauvres»
Au début de la cérémonie, de très nombreux témoignages ont été lus, venant du monde entier, de la secrétairerie d’Etat du Vatican, des archevêques et évêques vietnamiens et de supérieurs de congrégation qui n’avaient pu faire le déplacement.
Paul Nguyên Thanh Hoang est né le 11 novembre 1939 dans la paroisse de Phu Lôc, du diocèse de Vinh, dans le nord du Vietnam. L’exode des chrétiens du Vietnam du Nord communiste vers le sud, en 1954, le trouve au petit séminaire où il a commencé sa formation sacerdotale. Avec l’ensemble du corps enseignant et ses camarades, il vient s’établir dans le Sud où il achèvera ses études secondaires. Après six années d’études au grand séminaire sulpicien, il est ordonné prêtre le 19 avril 1965 en la cathédrale Notre-Dame de Saigon.
Il est alors nommé vicaire, tout près du 17e parallèle, à Dông Ha, dont le curé est le Père Jean-Baptiste Etcharren, qui sera plus tard supérieur général de la société des Missions étrangères de Paris (MEP).
Fondateur du village d’enfants des «Colombes blanches».
Dès cette époque, son orientation vers les plus pauvres se manifeste sans ambiguïté. Il ne tardera pas à fonder un orphelinat et une école privée pour accueillir les orphelins de la région, petites victimes de la guerre qui sévit à l’époque. En 1972, l’offensive du Nord-Vietnam sur la province de Quang Tri l’oblige à évacuer ses 202 orphelins vers la province qui s’appelait alors Binh Tuy et qui est, aujourd’hui, le district de Ham Tân. Il y fonde le village d’enfants des «Colombes blanches».
Ces établissements caritatifs sont confisqués par l’Etat après le changement de régime de 1975. En 1978, le Père Hoang est chargé de paroisse, puis devient doyen pour l’ensemble du district de Ham Tân. A ce poste, il continue d’intégrer l’action sociale à son ministère pastoral.
En juillet 2001, le pape Jean Paul II le nomme évêque coadjuteur du diocèse de Phan Thiêt. La béatitude évangélique «Bienheureux les pauvres» qui depuis toujours inspirait sa vie était devenue alors sa devise épiscopale sous la forme: «La Bonne Nouvelle pour les pauvres». Même si, devenu évêque, il ne pouvait vivre aussi proche des pauvres qu’autrefois, il avait la possibilité de lancer des projets de développement au profit de la population aussi bien chrétienne que non chrétienne. Il est à l’origine d’un barrage destiné à irriguer la région de Tân Ha, de multiples projets d’élevage de bétail qui ont amélioré, quelquefois enrichi la vie des paysans locaux.
En 2004, alors qu’il était responsable pour la deuxième fois de la Commission épiscopale pour l’Action sociale, il fonda l’institut séculier «Bac Ai Xa Hôi» (›Charité sociale’), qui était aussi le nom de la commission épiscopale qu’il présidait. La mission de la nouvelle communauté est l’annonce de l’Evangile au moyen de la charité. Ces membres devaient devenir eux-mêmes «la Bonne Nouvelle pour les pauvres», en se mettant au service des pauvres de diverses manières. C’est dans cet institut que l’évêque a vécu ses dernières années. (apic/eda/be)



