Le patriarche disponible, sur le principe, pour recevoir le pape

Moscou: Alexis II espère beaucoup de la visite à Moscou du cardinal Walter Kasper.

Rome/Moscou, 31 janvier 2002 (APIC) Le patriarche orthodoxe Alexis II est disponible, sur le principe, pour rencontrer Jean Paul II et souhaite que la visite à Moscou, en février, du cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, permette d’améliorer «de manière substantielle» l’état actuel des rapports entre les deux Eglises. C’est ce qui ressort d’un communiqué publié le 29 janvier sur le site Internet du patriarcat de Moscou et qui rapporte un entretien qui a eu lieu le 25 janvier au Vatican, entre Jean Paul II et les deux envoyés du patriarcat à la journée d’Assise.

Sur son site Internet – http://www.russian-orthodox-church.org.ru – le patriarcat de Moscou propose un compte rendu de l’audience accordée par Jean Paul II le 25 janvier à deux des envoyés du patriarcat de Moscou à la journée d’Assise, le métropolite Pitirim et Mgr Hilarion.

«Au cours de l’audience, rapportent les orthodoxes de Moscou, le pape de Rome a exprimé le désir de rencontrer le patriarche de Moscou et de toute la Russie, Alexis II, pour pouvoir lui remettre l’icône de la mère de Dieu de Kazan».

De son côté, Mgr Hilarion a exposé «le point de vue de l’Eglise russe orthodoxe» à propos des rapports bilatéraux entre les deux Eglises qu’il a jugé «extrêmement insuffisants». Puis il a souligné «la disponibilité de principe» de la part d’Alexis II, de rencontrer le pape Jean Paul II.

L’évêque a cependant encore une fois énuméré les conditions qui devront être remplies avant toute rencontre, à savoir, rejoindre «une position commune sur les questions fondamentales» que sont le prosélytisme et l’uniatisme. Le prosélytisme devra être condamné «sous toutes se formes» et les deux Eglises devront se mettre d’accord sur «l’inadmissibilité de l’Union comme méthode pour rejoindre l’unité, aussi bien dans le passé, le présent que le futur».

Les orthodoxes appellent «uniates», l’ensemble des Eglises catholiques de rite oriental dont la liturgie byzantine diffère très peu de celle des orthodoxes.

Eléments constructifs

Mgr Hilarion a ainsi émis le souhait que la visite du cardinal Kasper à Moscou, prévue au mois de février, «apporte les éléments constructifs capables d’améliorer, de manière substantielle, l’état des rapports actuels» entre les deux Eglises.

En Russie, les médias – dont la télévision NTV – signalent des tensions existants entre le patriarcat de Moscou et le président Vladimir Poutine qui effectue une forte pression sur les orthodoxes afin que Jean Paul II puisse rencontrer Alexis II et visiter son pays.

La célèbre icône de la mère de Dieu de Kazan que Jean Paul II souhaite remettre au patriarche Alexis II et qui est actuellement dans les appartements privés du pape, revêt une immense valeur aux yeux des orthodoxes de Russie. Peinte sur bois au XIIIème siècle, l’icône de Kazan a été portée à Moscou en 1612, au moment où la capitale russe était occupée par les polonais, pour implorer la protection de la Vierge en faveur des habitants. Les Polonais ont été chassés de la capitale peu de temps après.

L’icône a ensuite été placée à Saint-Pétersbourg puis vendue à l’étranger au début du XXème siècle, passant de mains en mains avant qu’on ne la retrouve dans une petite église de style byzantin à Fatima. En 1991, lors de la visite de Jean Paul II dans ce lieu de pèlerinage marial, il fut décidé que l’icône serait transportée au Vatican et placée dans ses appartements. Des polémiques existent cependant sur l’authenticité de l’icône. (apic/imed/pr)

31 janvier 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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