Moscou: Alexis II espère revenir à «l’âge d’or» des relations entre Moscou et le Vatican
Patriarche principal opposant à une visite du pape en Russie
Moscou, 5 avril 2005 (Apic) L’Eglise orthodoxe russe espère revenir avec le successeur du pape Jean Paul II à «l’âge d’or» remontant à l’époque soviétique dans ses relations avec l’Eglise catholique.
Le patriarche russe Alexis II, habitué à souffler le chaud et le froid dans les relations entre le Saint-Siège et le patriarcat de Moscou, espère en effet «que le jour viendra où les relations entre les orthodoxes et les catholiques s’élèveront au plus haut niveau, au moins à celui des années 1960-1970, à l’âge d’or des relations entre nos deux Eglises», a indiqué le porte -parole du patriarcat, Vsevolod Tchapline. Il dit espérer que les «nouveaux chefs de l’Eglise catholique seront ouverts au dialogue» avec les orthodoxes.
Alexis II s’est toujours opposé à une visite du pape Jean Paul II sur sol russe, alors même que le président Poutine avait donné son aval à un tel voyage, y compris transmis une invitation à Jean Paul II. Invitation peu appréciée du patriarche de Moscou, qui avait usé de toute son influence pour empêcher ce séjour. Une influence qu’il possédait du reste déjà sous le régime communisme.
En août 2004, soufflant une nouvelle fois le froid, le patriarche de l’Eglise orthodoxe de Moscou et de toutes les Russies, avait de manière virulente reproché à l’Eglise catholique son «prosélytisme», disant qu’il attend d’elle – de l’Eglise – un changement radical.
«Nous attendons que l’Eglise catholique romaine change radicalement sa politique envers les orthodoxes et qu’elle cesse ses actions préméditées peu amicales», avait lancé Alexis II.
Quelques mois auparavant déjà, le patriarche russe de Moscou Alexis II avait ajouté une nouvelle barrière aux relations entre son Eglise et l’Eglise catholique en s’en prenant à Rome dans des termes peu en relation avec sa charge de leader religieux, accusant le Vatican d’»expansion», «mensonge» et «perfidie» dans ses relations avec les orthodoxes.
Pas depuis hier
Les relations entre orthodoxes et catholiques sont tendues, pour ne pas dire plus, depuis plusieurs années et elles se sont détériorées particulièrement après la transformation en quatre diocèses de structures provisoires de l’Eglise catholique en Russie, en février 2002. Puis, autre pomme de discorde: la création d’un patriarcat grec-catholique à Kiev. Des évêques et des prêtres catholiques ont été expulsés du territoire russe, ou ont vu leur visa d’entrer refuser. Comme pour signifier l’influence qu’exerce Alexis II sur le politique, lui qui avait passé sans encombre la tourmente communiste.
Les atermoiements du chef religieux orthodoxe russes et sa faculté d’alterner le chaud et le froid suscitent depuis longtemps des réactions. Y compris de la diaspora orthodoxe en France, pas convaincue de la ligne adoptée par Moscou.
En juin 2001, malgré l’avis contraire d’Alexis II et au grand dam du patriarcat, le pape Jean Paul II s’était néanmoins rendu à Kiev et ensuite, à Lviv, où il fut accueilli triomphalement. (apic/ag/pr)



