Une première
Moscou: conférence de toutes les Eglises de l’ex-URSS (260694)
Moscou, 26juin(APIC) 150 délégués des Eglises chrétiennes de l’ancienne
ex-URSS se sont reconcontrés du 21 au 23 juin au monastère Saint-Daniel,
siège du patriarcat orthodoxe de Moscou, pour une Conférence internationale
et oecuménique sur «la foi chrétienne et les tensions humaines».
Ces 22 Eglises ne s’étaient jamais retrouvées ensemble. Car hormis les
sectes introduites à la faveur de la débâcle communiste, rapporte le journal catholique français «La Croix», elles étaient toutes-là: orthodoxes, et
«vieux croyants» (issus d’un schisme russe au XVIe siècle), catholiques romains de rite latin et de rite byzantin, arméniens de vieille souche et
baptistes, y compris les luthériens baltes.
Le métropolite Kirill de Smolensk, président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou a ouvert les débats: Il a commencé par confesser les fautes de tous ceux qui, sous prétexte de religion,
sèment la tempête et font couler le sang: «Dieu nous punit à la mesure de
nos péchés, ainsi qu’il le fit pour Israël de l’Ancien Testament : «Nous
avons eu notre propre captivité de Babylone et nous marchons à présent sur
un rude chemin». Néanmoins optimiste, le métropolite a demandé que les
Eglises prennent le chemin d’un oecuménisme pratique, au service de la société et de son unité.
Attention aux dominations religieuses
Piotr Konovalchik, président de l’Union baptiste de Russie, a tenu à
préciser que «l’Eglise ne consiste pas en une nation donnée, pas plus
qu’elle ne se réduit à ceux qui appartiennent à une confession chrétienne
donnée». Allusion claire et fraternelle à la prétention de l’orthodoxie de
constituer la véritable Eglise de Russie? Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, administrateur apostolique catholique de la partie européenne de la Russie, a
aussi rappelé que seulement 9% des personnes sondées souhaitaient voir accorder davantage de droits aux religions nationales traditionnelles (orthodoxie et islam) qu’aux Eglises récemment arrivées dans le pays. Le débat
reste ouvert. Mgr Kondrusiewicz faisait sans doute allusion au projet de
loi sur la liberté de conscience que doit rediscuter le nouveau parlement
russe. Ce projet prévoit effectivement une prééminence des religions «russes» sur les «étrangères».
La réunion des 22 Eglises chrétiennes à Moscou a permis, sans esquiver
les divergences et les tensions (en particulier les reproches faits aux
gréco-catholiques – appelés aussi uniates – de prendre une revanche sur les
orthodoxes) de redire aux Eglises leur devoir d’unité et de réconciliation.
Elle permet aussi d’essayer de trouver un équilibre parfois difficile à
trouver: Comment honorer le devoir d’évangéliser, par exemple en terre caucassienne, majoritairement musulmane, sans exiciter aussitôt la rancoeur
islamique. Comment témoigner du Christ sans provoquer les germes de futures
hostilités?.
Franchise et cordialité
Pour les participants des 22 Eglises réunies à Moscou, les échanges
francs et amicaux sont la meilleure manière d’avancer lentement sur ce terrain miné où les nationalismes de tout genre essayent de reprendre le dessus. Cordialité et franchise: Selon les observateurs, le patriarche orthodoxe Alexis II et l’archevêque catholique Kondrusiewicz ont essayé dans
leurs rapports de vivre ces deux qualités. Avec les autres représentants
des Eglises présentes, ils ont donné ainsi une dimension oecuménique symbolique à toute la rencontre.
Parmi les participants on notait quelques observateurs venus de l’Occident, notamment des collaborateurs de l’Aide à l’Eglise en détresse,
l’oeuvre catholique qui a commencé à offrir un soutien financier à l’Eglise
orthodoxe russe. En marge de la Conférence, le patriarche Alexis II a exprimé sa gratitude pour ce soutien concret d’oecuménisme. (apic/mk/cx/ba)



