Vive réaction des journaux aux accusations ecclésiatiques

Moscou: Deux journaux russes provoquent la colère du Synode de l’Eglise orthodoxe

Moscou, 19 octobre 1997 (APIC) Le Synode de l’Eglise orthodoxe russe a publiquement exprimé sa colère contre deux journaux russes, les accusant de publier des «articles contre l’Eglise». Le Synode a pourtant décidé de ne pas prendre de sanctions canoniques (excommunication) contre les auteurs des articles controversés.

Abandonnant la position neutre qu’ils observent traditionnellement à l’égard des médias, les responsables de l’Eglise s’en sont pris au journal libéral à grand tirage «Moskovsky Komsomolets»- et à une publication plus conservatrice «Rus Pravoslavnaya» supplément religieux du journal communiste «Sovietskaya Rossiya». Ces deux journaux, qui affichent des vues politiques très différentes, n’ont rien en commun si ce n’est leurs critiques à l’égard de la direction de l’Eglise orthodoxe russe.

La déclaration du Synode ne fait référence à aucun auteur ni article particulier des deux journaux, mais les deux journalistes qui semblent être à l’origine de la colère du Synode sont tous deux membres de l’Eglise orthodoxe russe, en dépit de leurs attaques constantes contre les activités et la politique de l’Eglise.

Sergei Bychkov, correspondant religieux de «Moskovsky Komsomolets», a critiqué à maintes reprises le métropolite Kirill, président du Département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, l’accusant d’être impliqué dans des activités économiques portant sur plusieurs millions de dollars au nom de l’Eglise. D’après le métropolite Kirill, certains secteurs des médias ont lancé une guerre contre lui, en grande partie à cause de son appui au renforcement des liens avec des organisations oecuméniques hors de Russie, comme le Conseil oecuménique des Eglises (COE).

L’autre journaliste, Konstantin Dushenov, co-rédacteur de «Rus Pravoslavnaya», est également connu pour sa position contre les relations de l’Eglise orthodoxe russe avec le christianisme occidental et sa participation au mouvement oecuménique.

Le journaliste servait autrefois le métropolite Ioann de Saint-Pétersbourg, aujourd’hui décédé et connu pour ses idées conservatrices. Le rédacteur est devenu le porte-parole non officiel de la tendance fondamentaliste croissante au sein de l’Eglise orthodoxe, qui s’oppose au christianisme occidental et à l’oecuménisme, considérés comme hérésie, et qui fait campagne pour l’isolement total de l’Eglise orthodoxe russe.

Le Synode, qui comprend six membres permanents et six membres siégeant à tour de rôle, et dont le président est le patriarche Alexis, a exprimé ses «regrets» à propos des publications qui «présentent une interprétation très partiale de l’histoire de l’Eglise et répandent délibérément mensonges et calomnies».

Le Synode rejette les accusations non fondées «d’apostasie et d’hérésie» portées par les journaux et accuse ceux-ci de poursuivre «la lutte contre l’Eglise, autrefois conduite sous la bannière de l’athéisme d’Etat».

Appel à la conscience

Même si la conduite des journalistes mérite des sanctions de l’Eglise»- qui pourraient comprendre l’excommunication, ou une interdiction temporaire de recevoir l’Eucharistie – le Synode a décidé «d’en appeler à leur conscience de chrétiens orthodoxes, qui devraient réaliser qu’ils ont mal agi».

La réaction de «Moskovksy Komsomolets» a été prompte. L’éditorial de l’édition du mardi, signée par «les journalistes du MK», attaque le métropolite Kirill en termes forts. «Les agents du métropolite Kirill», est-il écrit, peuvent lancer des actions répressives comme celles d’Ivan le Terrible; par ailleurs, faisant référence au Politburo du parti communiste soviétique, l’éditorial évoque même avec ironie le «Mitropolitburo»

Tolstoi appelé au secours

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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