Moscou: Le patriarche russe Alexis II sceptique sur la demande de «pardon» aux orthodoxes

Traduire la déclaration du pape dans les faits

Moscou, 6 mai 2001 (APIC) Le patriarche de Moscou Alexis II a émis des réserves à propos de la demande de «pardon» aux orthodoxes adressée par le pape Jean Paul II à l’occasion de sa visite historique en Grèce. Le chef de l’Eglise orthodoxe russe – la importante de l’orthodoxie – s’est dit «sceptique» à l’occasion d’un entretien qu’il a eu samedi avec le primat orthodoxe de Grèce, Mgr Christodoulos, qui venait de rencontrer le pape à Athènes.

Le patriarche de toutes les Russies, dont les propos étaient retransmis par la télévision russe, a relevé qu’il fallait voir la déclaration pape dans son contexte, le «pardon» demandé par le pape Jean Paul II à l’Eglise orthodoxe concernant avant tout les croisades. Il faut à ses yeux «traduire dans les faits» aujourd’hui cette déclaration.

Lors de sa première visite en Grèce, «sur les traces de saint Paul», Jean Paul II a demandé vendredi, devant Mgr Christodoulos, pardon pour les catholiques qui ont commis des péchés contre les orthodoxes, en citant notamment le sac de Constantinople par les Croisés en 1204.

La tension monte à six semaines de la visite du pape en Ukraine

Dans le cadre de la préparation de la visite du pape en Ukraine, du 23 au 27 juin prochain, a affirmé Alexis II, on a essayé de détruire une église orthodoxe à Lviv, la capitale de la Galicie, en Ukraine occidentale. Seule l’énergique résistance de la population a empêché cet acte, a affirmé le chef de l’Eglise orthodoxe russe. Cette dernière est fermement opposée à la visite de Jean Paul II à Kiev, «sur le territoire canonique de l’Eglise orthodoxe». La raison en est la renaissance de l’Eglise grec-catholique «uniate», qui avait été, sur ordre de Staline, intégrée de force en 1946 dans l’Eglise orthodoxe russe. Après la chute du communisme, l’Eglise catholique de rite byzantin a récupéré ses églises en Galicie, où elle est majoritaire. Outre la délicate et explosive question «uniate», l’Eglise orthodoxe russe accuse Rome de se livrer à du «prosélytisme» sur des terres traditionnellement orthodoxes.

Mgr Christodoulos a pour sa part affirmé que les «blessures» infligées à l’orthodoxie par Rome se poursuivaient aujourd’hui encore, mais dit son espoir que l’Eglise catholique allait désormais entreprendre des «pas positifs». Le pape Jean Paul II avait demandé au primat de Grèce de transmettre ses bons vœux au patriarche de Moscou, que le chef de l’Eglise catholique rêve de rencontrer en Russie. (apic/orj/kna/be)

6 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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