Corriger les informations incomplètes ou faussées

Moscou: Le secrétaire général du COE espère que sa visite a désamorcé les tensions

Moscou, 6 février 1998 (APIC) Au terme d’une visite de six jours à Moscou durant laquelle il a entendu des membres de l’Eglise orthodoxe reprocher au Conseil oecuménique des Eglises (COE) d’accueillir certains rituels «païens» et d’accepter l’homosexualité et l’ordination des femmes, le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du COE, a exprimé le 4 février l’espoir de voir s’améliorer les relations entre le COE et l’Eglise russe.

L’Eglise orthodoxe russe a adhéré au COE en 1961 en nombre de membres, elle est la plus grande des Eglises du COE. Mais ces dernières années, alors que l’arrivée massive des valeurs et des missionnaires occidentaux provoquait l’irritation de nombreux fidèles de l’Eglise russe, des pressions ont été exercées en vue du retrait de Eglise russe du COE. Les responsables orthodoxes ont généralement essayé de résister à ces pressions, mais ont insisté, comme les dirigeants d’autres Eglises orthodoxes, pour que le COE accorde une plus grande place aux vues orthodoxes dans ses déclarations et activités. Le COE qui a son siège à Genève rassemble des Eglises protestantes, anglicanes, et orthodoxes.

L’an dernier, le Conseil des évêques de l’Eglise orthodoxe russe a décidé d’engager des discussions avec d’autres Eglises orthodoxes sur la question de l’adhésion au COE. Une décision sur la poursuite de cette adhésion devrait être prise avant la huitième Assemblée du COE, qui aura lieu à Harare, au Zimbabwe, en décembre de cette année. L’Eglise orthodoxe de Géorgie a déjà décidé l’an dernier de se retirer du COE. Selon certaines sources, l’Eglise orthodoxe serbe envisagerait la même démarche.

S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue le 4 février à Moscou, le pasteur Raiser a félicité l’Eglise orthodoxe russe de «chercher courageusement des réponses aux défis du monde moderne dans une nouvelle situation», où l’Eglise est libre et fait l’objet de critiques venant de l’extérieur et de ses propres rangs.

La visite du pasteur Raiser et d’une délégation de haut niveau du COE – comprenant des responsables et des théologiens orthodoxes et protestants – faisait suite à l’invitation du patriarche Alexis II, primat de l’Eglise orthodoxe russe. Cette visite avait pour objectif principal de désamorcer les tensions et d’améliorer les relations.

«Notre intention, a précisé le pasteur Raiser à l’agence œcuménique ENI, était de nous présenter devant ceux qui avaient soulevé des questions critiques et de nous efforcer honnêtement d’expliquer, d’interpréter, de répondre. Pour le pasteur Raiser «un certain nombre de critiques sont basées sur des informations incomplètes, pire encore, fausses, ou alors sont sans fondement».

Selon un communiqué de presse publié par le Département des relations extérieures de l’Eglise russe, le président de celui-ci, le métropolite Kirill de Smolensk et Kaliningrad a proposé un changement radical de la structure du COE, afin que les «familles confessionnelles», telles que les orthodoxes, les catholiques romains, les protestants et les évangéliques aient une représentation égale au sein du COE, qui deviendrait ainsi un forum où pourraient se rencontrer les quatre grandes familles chrétiennes. Jusqu’à présent, l’Eglise catholique romaine et la majorité des Eglises évangéliques ne sont pas membres du COE. (apic/eni/mp)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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