Mosquée de Nazareth: le gouvernement Barak est divisé
Un «faux pas»
Rome, 3 décembre 1999 (APIC) Le gouvernement israélien est divisé sur la question de la mosquée de Nazareth. Barak est soumis à de fortes pressions par ses propres ministres pour annuler le permis de construire, a déclaré à l’agence missionnaire Fides le Père David Jaeger. Catholique d’origine juive, ce franciscain qui vient de rentrer à Rome après avoir vécu plusieurs mois dans la Ville Sainte, est un des artisans de l’établissement des rapports diplomatiques entre Israël et le Vatican.
«Tous les autres fonctionnaires israéliens avec lesquels j’ai parlé ces mois derniers, les personnes chargées des rapports avec les Eglises chrétiennes des différents ministères et même les officiers supérieurs des Forces de sécurité sont tout à fait opposés à l’initiative du ministre Ben Ami, désormais isolé au sein du gouvernement», déclare le Père Jaeger.
La décision d’accorder le permis de construire et la pose de la première pierre ont entraîné des frictions entre les Eglises chrétiennes et le gouvernement israélien, ainsi qu’entre Tel Aviv et le Vatican. Des personnalités de la police et de l’armée ont condamné la décision de Ben Ami, prise «avec trop de légèreté», et plusieurs généraux ont présenté leur démission, affirme le Père Jaeger. Le gouvernement de Ehud Barak est désormais divisé, et cette division est publique. Depuis mardi soir, la radio, la télévision, les journaux rapportent les déclarations du ministre des Affaires religieuses, Rabbin Yitzak Cohen, qui critique vivement le comportement de son collègue Ben Ami.
Des pas plus appropriés
La décision d’accorder le permis de construire est une «erreur de jugement» de la part d’un ministre sans expérience, ajoute le franciscain, Ben Ami en est en effet à sa première expérience gouvernementale. «Ce qui permet d’espérer encore, dit-il, c’est le fait que le Premier ministre Barak s’est rendu compte de la gravité du faux pas accompli. Il faut que tout son gouvernement réétudie la situation et pourvoie à l’annulation de cette initiative inconsidérée».
La décision d’accorder le permis de construire a été critiquée également par de la population juive, qui y voit un appui donné aux franges musulmanes extrémistes qu’elle considère comme «des ennemis jurés des juifs». Le Père Jaeger conclut par un conseil: «Le gouvernement israélien pourrait faire des pas plus appropriés en faveur de toute la communauté islamique et non pas en faveur des seules franges fondamentalistes. Par exemple restituer les biens religieux musulmans confisqués par Israël après la guerre de 1948, restaurer les mosquées et les cimetières abandonnés, faire construire de nouvelles mosquées dans des localités appropriées, et certainement pas aux portes de la Basilique de l’Annonciation à Nazareth, le sanctuaire qui conserve la mémoire du Verbe fait chair». (apic/cip/tg/pr)




