Sénégal: Une fausse alerte à la bombe sème la panique à Dakar

Mosquées, imams et islamistes suspectés étroitement surveillés

Dakar, 24 février 2013 (Apic) Les autorités du Sénégal ont renforcé les mesures de sécurité autour des mosquées, et de surveillance des imams et des personnes suspectées de servir de relais aux islamistes dans le pays, ont rapporté le 23 février 2013 des médias sénégalais. Le 22 février, une fausse alerte à la bombe avait semé la panique à Dakar.

A la suite d’un appel téléphonique anonyme à l’ambassade des Etats-Unis de Dakar, annonçant qu’une bombe avait été placée à la cathédrale, la représentation diplomatique américaine avait adressé des messages à ses ressortissants. Elle leur demandait d’éviter le centre ville de Dakar. Le message avait ensuite été relayé par l’agence de presse britannique, « Reuters », provoquant une psychose de l’attentat.

L’ambassade de France avait tenté de dédramatiser la situation. Dans un communiqué, elle avait déclaré n’avoir aucun élément qui lui permette de penser que cette indication soit sérieuse. «Nous n’avons donc passé aucune consigne particulière à nos ressortissants».

Après cette fausse alerte de vendredi, les forces de sécurité ont commencé à surveiller des individus susceptibles d’être les relais des intégristes musulmans de l’étranger ou des auteurs d’actes criminels, a rapporté le quotidien sénégalais «L’Observateur». Cette surveillance est élargie aux mosquées, considérées comme étant sous influence des intégristes musulmans.

Certains imams aussi sont «filés». Leurs prêches sont écoutées ou enregistrées par des agents des services de sécurité.

«De véritables bombes salafistes»

En janvier dernier, des informations publiées par la presse sénégalaise faisaient état de l’existence de «cellules islamistes terroristes dormantes» dans le pays. «Dans les quartiers, ruelles et mosquées, il y a des barbus en boubous blancs, qui sont de véritables bombes salafistes, prêts à exploser n’importe où et n’importe quand», rapportait le journal en ligne lesenegalais.net.

C’est à l’aube et surtout le vendredi que les sergents-recruteurs enrôlent des jeunes fanatiques pour le front islamique. Ils se tiennent devant les mosquées et autres lieux de culte, chapelet à la main droite et liasses de billets de banque à la main gauche, selon le site lesenegalais.net. «En banlieue, les familles sont de plus en plus nombreuses à s’inquiéter pour leurs enfants partis accompagnés des intégristes barbus pour mener une Jihad (guerre sainte) incertaine».

Et de conclure: «(…) Au 21e siècle, l’Islam est devenu un refuge contre l’oisiveté, le chômage et la résignation sociale».

Pas une république islamique

Le Sénégal n’est pas une république islamique, mais c’est tout comme, selon lesenegalais.net. Les mosquées poussent plus vite que les champignons à travers le territoire national. Elles sont plus nombreuses et même plus importantes que les structures sociales de bases: dispensaires et écoles. Trois ou quatre mosquées peuvent se disputer facilement des fidèles, dans le plus petit quartier de la banlieue dakaroise.

Pays à 95% musulman, le Sénégal pratique un islam modéré, tolérant et ouvert. Les tidjanes (branche de l’islam issue du soufisme, fondée par Ahmed Tijani en 1782) et les mourides (confrérie fondée au début du 20e siècle par le cheikh Ahmadou Bamba) sont les deux grandes confréries islamiques du pays. Mais, les jeunes intellectuels musulmans, formés dans les grandes écoles et universités des pays arabes, remettent en cause ces traditions religieuses. (apic/ibc/ggc)

24 février 2013 | 11:06
par webmaster@kath.ch
Partagez!