Mouvement religieux ou secte ?

Rome: Le «Chemin néocatéchuménal» contesté par les évêques japonais

Rome, 12 janvier 2012 (Apic) Benoît XVI a reçu en audience, le 12 janvier 2012, trois évêques nommés en 2011 venus tout particulièrement exposer à Rome les difficultés qu’ils rencontrent avec le Chemin néocatéchuménal, a appris l’agence de presse I.MEDIA. A l’occasion de cette visite, les évêques de Takamatsu, d’Oïta et d’Hiroshima ont également rencontré de nombreux responsables de la curie romaine.

«L’un des sujets majeurs de cette visite est la question des néocatéchumènes», a ainsi confié à I.MEDIA Mgr John Eijiro Suwa, évêque de Takamatsu, avant d’évoquer sans plus de précision de «nombreux types de problèmes». «Ces problèmes sont les mêmes qu’avant», a seulement ajouté le prélat à la tête du diocèse de Takamatsu depuis mars 2011. Cette visite d’évêques japonais intervient alors que, fin 2011, Rome a validé les pratiques liturgiques du Chemin néocatéchuménal, au terme d’un processus long de 10 ans.

Le 12 janvier, le pape a rencontré Mgr John Eijiro Suwa, dont le diocèse a longtemps abrité un séminaire du Chemin néocatéchuménal fermé en 2008 sur requête de son prédécesseur. L’évêque de Takamatsu était accompagné de Mgr Paul Sueo Hamaguchi, évêque d’Oïta depuis mars 2011, ainsi que de Mgr Thomas Aquino Manyo Maeda, évêque d’Hiroshima depuis juin 2011 après avoir été secrétaire général de la Conférence épiscopale japonaise.

Mode de fonctionnement en cause

Devant le pape, en 2007, le président de la Conférence épiscopale japonaise de l’époque n’avait pas hésité à parler de «problème grave» en évoquant les activités des membres du ›Chemin’ au pays du Soleil levant. «Au sein de la petite communauté que représente l’Eglise catholique au Japon, affirmait-il ainsi devant Benoît XVI, les activités des membres du Chemin, puissantes et assimilables à celles d’une secte, sont un facteur de division et de conflit. Elles sont la cause de souffrances profondes et douloureuses au sein de l’Eglise».

Plus que la vitalité du Chemin néocatéchuménal, c’est son mode de fonctionnement qui semble poser problème aux évêques nippons, à la tête d’une petite église.

Quatre ans plus tard, Mgr John Eijiro Suwa évoque encore «des problèmes similaires» mais se dit confiant à l’approche d’une rencontre avec les responsables locaux du ›Chemin’. «Dans un futur proche, les évêques japonais rencontreront les responsables du Chemin néocatéchuménal au Japon», affirme ainsi l’évêque de Takamatsu avant d’ajouter : «Nous devons nous pardonner les uns les autres mais, dans le même temps, il nous faut aussi résoudre les problèmes».

En 2007 et en 2010, le pape avait déjà accordé des audiences à des évêques japonais venus confier leurs difficultés avec le Chemin néocatéchuménal. La dernière audience, en décembre 2010, en présence de chefs de dicastère de la curie romaine, avait néanmoins été l’occasion de ne pas donner suite à la requête de l’épiscopat nippon de suspendre la présence du Chemin néocatéchuménal au Japon pour une durée de 5 ans mais au contraire de développer le dialogue entre cette communauté et l’épiscopat, et de nommer un délégué en charge de ce dialogue.

Le Chemin néocatéchuménal est un ›itinéraire de formation chrétienne’ né dans la périphérie défavorisée de Madrid (Espagne) dans les années 1960. Le ›Chemin’ est aujourd’hui présent sur tous les continents, dans plus de 900 diocèses, pour un total d’environ 40’000 communautés. Il compte en outre plus de 70 séminaires Redemptoris Mater dans le monde entier. Fin décembre 2011, Rome a validé les pratiques liturgiques du Chemin néocatéchuménal, mettant ainsi fin à un parcours de reconnaissance officielle de la part du Saint-Siège qui aura duré 10 ans. (apic/imedia/ami/js)

12 janvier 2012 | 17:43
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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