Nouvelle explosion contre un lieu saint

Moyen-Orient: Bombardement par Israël de la porte de la basilique de la Nativité

Bethléem, 5 avril 2002 (APIC) De nouvelles explosions ont été entendues vendredi autour de l’église de la Nativité de Bethléem, cernée par l’armée israélienne. Tsahal a sommé les quelque 300 Palestiniens retranchés dans le bâtiment de sortir. Un dénouement tragique est à craindre.

Le gouvernement de Sharon ne fait pour l’instant aucun cas de la mise en demeure du président Bush de quitter les territoires occupés, et encore moins de la nouvelle résolution de l’ONU. Après la baffe administrée à l’Union européenne, Israël poursuit son avancée sur le terrain. Les observateurs en place du côté de l’église de la Nativité s’attendent une véritable catastrophe qui pourrait bien conduire à l’irréparable.

Le ministre des Affaires étrangères espagnol Josep Piqué, en qualité de président de tour de l’Union Européenne, et le responsable de la politique étrangère et de défense des Quinze, Javier Solana ne sont restés en Israël que quelques heures. Le temps d’un véritable camouflet.

Sur le terrain, devant l’église de la Nativité, l’armée israélienne assure que les Palestiniens retranchés à l’intérieur de l’église seront traités avec «dignité et respect». Des mots qui sonnent creux depuis bien longtemps aux oreilles des Palestiniens.

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a du reste annoncé que l’armée israélienne poursuivrait ses opérations dans les villes palestiniennes. Les conventions de Genève et les résolutions de l’ONU, ne sont pas faites pour être respectées par Sharon, relevait mardi le chancelier du patriarcat de Jérusalem, le Père Raed Awad Abusahlia.

Témoignage

Depuis l’intérieur de la Basilique de la Nativité, le Père Anthony Salman témoigne de l’agression israélienne contre le lieu saint. Des soldats ont eu recours jeudi déjà aux explosifs pour tenter de pénétrer dans l’église qui abrite des miliciens et des civils palestiniens. Enfermés avec ces derniers, une trentaine de religieux et quatre moines soignent 11 hommes dont 2 seraient dans un état grave.

Le prêtre déclare que les «réfugiés» palestiniens se trouvant dans la basilique sont au nombre de 240. Parmi eux se trouveraient 40 civils. Les hommes ont envisagé de se rendre aux Israéliens pour éviter que les femmes civiles présentes à leur côté ne soient tuées, ajoute le père Salman.

Le gardien de l’église, le Père Ibrahim Faltas, a lancé un appel au secours dans une interview téléphonique. «J’en appelle à la communauté internationale pour qu’elle intervienne, qu’elle nous sauve de cette situation parce que nous sommes vraiment dans une situation très grave», a déclaré le Père Faltas à Radio Vatican.

Le Père Faltas a indiqué que des combats s’étaient déroulés dans le couvent des Franciscains entre des combattants palestiniens, retranchés dans le complexe de l’église de la Nativité, et l’armée israélienne qui l’assiège. Il a lui aussi déclaré que l’armée israélienne avait enfoncé la porte arrière de la basilique. (apic/ef/ag/fm/pr)

5 avril 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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