Moyen-Orient: Le dernier message du patriarche de Jérusalem
«Nous avons besoin d’hommes de paix»
Jérusalem, 18 mars 2008 (Apic) Il est temps de tirer les leçons de l’histoire et de rentrer dans les voies de Dieu ; il est temps pour les États et les responsables politiques d’accepter leur vocation : construire les sociétés, et non de les démolir». Le message du patriarche Michel Sabbah est un appel désespéré à la paix.
«Les États, les personnes, les Israéliens et les Palestiniens, après plus d’un siècle de conflits et de violences, doivent se rendre compte qu’aujourd’hui les armées ne parviennent plus à défendre leurs peuples. Elles les exposent au contraire à plus de violence, de peur et d’insécurité, car les faibles et les opprimés eux aussi sont forts et arrivent à défier les puissants de ce monde. Cet extrait du message de Pâques du Patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah est son dernier message, puisqu’à l’âge de 75 ans et après 21 ans de loyaux services, il a annoncé son départ à la retraite.
«Nous vivons tous sur une terre sainte»
«Mais, comme je l’ai déjà dit dans ma dernière Lettre Pastorale, je continuerai à vous accompagner de mes prières et à partager avec vous vos joies et vos peines, dans cette ville sainte de Jérusalem. Afin que «cette terre et tous ses habitants retrouvent la sécurité et la tranquillité», écrit Mgr Sabbah à ses fidèles, garantissant ses prières et son amitié à tous les croyants de Terre Sainte : juifs, musulmans, chrétiens, druzes, communauté des Baha’i. «Nous vivons tous sur une terre sainte, terre de la Révélation de Dieu à l’humanité, terre de Rédemption et de réconciliation des peuples entre eux et avec Dieu, Dieu qui écoute et pardonne. Et pourtant, malheureusement – continue le Patriarche -, cette terre demeure une terre de sang, ignorante de sa vocation et incapable de l’accueillir».
Condamnant les événements des dernières semaines, le siège contre Gaza et les centaines de victimes palestiniennes, les jeunes juifs tués à Jérusalem, les incessantes incursions de militaires israéliens en territoire palestinien, Mgr Sabbah – Palestinien né à Nazareth – déplore «une spirale de violence inhumaine et inutile, de quelque côté qu’elle provienne. D’ailleurs, le simple constat des faits montre que cette violence n’a pas établi la sécurité voulue. Cette violence inhumaine et inutile est une atteinte à la dignité humaine, celle de celui qui tue comme celle de celui qui est tué».
Mais dans les sociétés palestiniennes et israéliennes, «des centaines de milliers de personnes crient: Paix! Paix!, et aspirent à la ’paix maintenant’[.]. Nous avons besoin de chefs capables de faire la paix, car elle est l’unique moyen d’imposer une limite à l’extrémisme et de commencer une véritable action en faveur de la sécurité. Dire que la paix est un risque que l’on ne peut pas prendre – conclut le Patriarche – revient à dire que nous allons rester dans les voies de la violence et de la mort. Nous avons besoin de chefs prêts à payer de leur vie le prix de la paix, non de chefs qui donnent l’ordre de tuer et d’assassiner, et envoient les autres tuer ou être tués». (apic/misna/vb)



