Moyen-Orient: Madeleine Albright au Vatican mardi pour parler du statut de Jérusalem
Informer les «parties intéressées» par le sort de la ville sainte
Rome/Tokyo, 31 juillet 2000 (APIC) Dans le cadre de la relance du processus de paix au Moyen-Orient après le récent échec de Camp David, la secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright est attendue mardi au Vatican. Pour y rencontrer le «ministre des Affaires étrangères» du Saint-Siège, Mgr Jean-Louis Tauran, secrétaire pour les Relations avec les Etats pour discuter du statut de Jérusalem, ville sainte pour les trois religions monothéistes.
Madeleine Albright a changé son programme de visites à l’étranger pour aborder la question du processus de paix avec le Vatican. Il s’agit pour le Département d’Etat américain d’informer les «parties intéressées» des derniers développements. L’Eglise catholique est particulièrement intéressée par le sort de Jérusalem, où se trouvent les plus importants lieux saints du christianisme.
Le Vatican plaide en faveur d’un statut spécial pour la ville sainte, tandis qu’Israël ne veut en aucun cas partager la souveraineté sur la ville «réunifiée», «capitale éternelle et indivisible d’Israël». Les Palestiniens, forts du droit international, réclament la restitution de la partie arabe de la ville annexée par Israël qui l’a conquise lors de la «Guerre des Six Jours» en 1967.
La salle de presse du Saint-Siège a confirmé que l’archevêque Jean-Louis Tauran, secrétaire du Vatican pour les Relations avec les Etats, rencontrera mardi à Rome la secrétaire d’Etat américaine, Madeleine Albright. Le sous-directeur de la salle de presse, le Père Ciro Benedettini, n’a cependant pas précisé sur quoi porterait la rencontre. Des sources du Département d’Etat américain ont cependant annoncé que le thème en serait les négociations de paix au Moyen-Orient qui ont échoué la semaine dernière à Camp David, avec la question de Jérusalem.
Rapprocher les deux parties d’un futur accord
Madeleine Albright sera à Rome au moment où le conseiller du gouvernement américain Edward Walker entreprendra une visite de 14 pays arabes, dans le cadre d’un nouvel effort pour parvenir à un compromis sur l’avenir de Jérusalem. Un haut responsable américain a déclaré que Madeleine Albright négocierait la question de Jérusalem en profondeur, cette question étant considérée comme capitale pour les Israéliens et les Palestiniens, et sacrée pour les chrétiens également. «Le Département d’Etat envisage présenter de nouveau la question de Jérusalem à la table des négociations» entre Israéliens et Palestiniens. «Il s’agira d’un nouvel effort pour rapprocher les deux parties de façon à ce qu’elles puissent parvenir à un accord». «Nous savons que la question (du statut de Jérusalem) est un obstacle très important, mais les Etats-Unis considèrent que celle-ci n’est pas impossible à résoudre», a-t-il ajouté.
L’Eglise veut «un statut spécial garanti de manière internationale»
Il y a une dizaine de jours, Jean Paul II a une nouvelle fois confirmé le fait que le Saint-Siège désire pour Jérusalem, ville sainte pour les juifs, les musulmans et les chrétiens, «un statut spécial garanti de manière internationale», et il avait demandé aux parties impliquées de tenir compte de cette exigence. Après l’échec des négociations de Camp David, précisément à cause de la question de Jérusalem, certains experts, comme George Shultz, qui a suivi pendant des années le conflit arabo-israélien, lorsqu’il était secrétaire d’Etat du président Ronald Reagan, considèrent que la question de Jérusalem ne pourra être résolue que si l’on réussit à offrir des garanties internationales, comme l’a précisément souligné Jean Paul II.
Israël ne veut pas abandonner la souveraineté sur Jérusalem-Est
Le Premier ministre israélien Ehud Barak a réaffirmé dimanche lors d’une réunion de son cabinet que ni lui ni aucun Premier ministre après lui n’accepterait de transfert de souveraineté sur le Mont du Temple aux Palestiniens. «Bien qu’Israël respecte l’importance des lieux saints musulmans et est d’accord d’y reconnaître une autorité musulmane, la souveraineté ne peut pas êêtre abandonnée, car c’est le site de notre Temple. (…) Ces prochaines semaines, nous saurons si les Palestiniens sont d’accord de l’accepter, ou s’ils vont rester obstinés», a déclaré Ehud Barak à ses ministres. Dimanche, dans le cadre de sa tournée des pays arabes, le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat a déclaré lors d’une rencontre en Arabie Saoudite avec le prince héritier Abdallah que la paix ne sera pas possible tant que Jérusalem-Est ne sera pas sous la complète souveraineté arabe. (apic/zenit/bbc/jpost/be)



