Mozambique: Des religieuses dénoncent et brisent le silence sur un trafic d’organes

Des étrangers impliqués dans la «disparition» d’enfants

Maputo, 5 février 2004 (Apic) Des religieuses espagnoles et brésiliennes dénoncent le trafic d’organes de mineurs au Mozambique, et tentent de briser le silence fait autour de ce scandale. Dans un appel répercuté par l’Agence «Vidimus Dominum», demandent à l’opinion internationale de se mobiliser.

Selon «Vidimus Dominum», des religieuses des Servantes de Marie ont récolté des informations depuis 2002 sur le trafic d’organes de mineurs au Mozambique. Leurs dénonciations auprès des autorités du pays n’ont pas conduit à des enquêtes policières.

Face au laxisme des autorités, ces religieuses, de nationalités espagnole et brésilienne, ont pris la décision d’alerter la communauté internationale, afin que celle-ci fasse pression sur le gouvernement de Maputo.

Les religieuses indiquent que le procureur général de la République, Joaquim Madeira, a reconnu l’existence du trafic d’organes humains au Mozambique, «trafic très lucratif», admet-il, sur lequel «on ne dispose pas encore des données officielles».

Prenant enfin la parole à la télévision du Mozambique, le procureur a invité toute la société à s’investir dans la lutte contre ce type de crime.

Un récent article sur la question rapporte le cas d’un couple d’étrangers soupçonnés de tentative de rapt de mineurs afin de leur extraire des organes. Il s’agit d’un Sud-africain et d’une Norvégienne. Ces derniers, qui bénéficient d’une mise en liberté provisoire à Nampula, ont été dénoncés par une religieuse brésilienne. Celle-ci a dénoncé la découverte de corps retrouvés sans certains organes: reins, poumons.

Intimidations et attentats

Les recherches entreprises par les religieuses remontent au mois d’octobre 2002, époque où fut constatée la disparition mystérieuse d’enfants de la rue. Les religieuses, quatre espagnoles et une brésilienne, dont le couvent se situe sur la route menant à l’aéroport, ont recueilli des informations sur des disparitions et des assassinats de jeunes.

Sur la base d’informations livrées par des mineurs qui ont trouvé refuge au couvent des Servantes de Marie, ces opérations étaient organisées en fonction du trafic d’organes d’êtres humains, florissant dans la région. Ces jeunes ont donné des détails sur ces opérations.

Quatre attentats contre ces religieuses ont été perpétrés, dans le but de les intimider. (apic/dia/vd/pr)

5 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!