L’Eglise prend leur défense
Mozambique: Trafic présumé d’organes, campagne de presse contre deux missionnaires
Nampula, 22 mars 2004 (Apic) Pour avoir dénoncé un présumé trafic d’organes d’enfants au Mozambique, une missionnaire laïque brésilienne, Elilda dos Santos, et une religieuse d’une congrégation missionnaire sont dans le collimateur de la presse mozambicaine et lusophone. Les représentants de l’Eglise locale montent au créneau pour les défendre, mais l’hebdomadaire privé «Savana» de Maputo parle de fraude.
Dans un document envoyé à l’agence missionnaire Misna, l’Eglise catholique de Nampula, chef-lieu de la province septentrionale du Mozambique, prend la défense des missionnaires en cause. Elles sont sur la sellette pour avoir récemment dénoncé un trafic présumé de mineurs et d’organes. L’Eglise déclare répudier toutes les nouvelles calomnieuses dernièrement diffusées par quelques journaux discréditant le travail mené par les soeurs du monastère «Mater Dei» et Elilda dos Santos.
Des comptes-rendus de la vie de la missionnaire brésilienne, publiés par la presse mozambicaine et portugaise, mettent en doute sa crédibilité. Ces articles font aussi état d’hypothétiques divisions internes au sein de l’Eglise locale, sur la manière dont l’affaire liée à la disparition de nombreux enfants dans la zone de Nampula depuis le mois de septembre a été gérée jusqu’à présent.
Soutien des représentants de l’Eglise
Cette note est signée par Mgr Tomé Makweliha, archevêque de Nampula, le Père Antonio Lopez, président de la Conférence des Instituts religieux du Mozambique, Soeur Rosa Gomes da Costa, présidente de la Conférence des religieuses du Mozambique et le Père Avelino Arlindo, doyen des prêtres diocésains locaux. «Nous refusons tous les mécanismes qui ont été utilisés pour passer sous silence ou faire perdre la trace du travail mené par l’Eglise catholique de Nampula pour dénoncer le trafic de mineurs, les enlèvements, les assassinats et les mutilations de cadavres», rapporte l’agence Misna.
Enfin, réaffirmant leur volonté de travailler pour la défense de la vie et de la dignité de toutes les personnes, indépendamment de leur croyance, de leur race, de leur couleur et de leur condition sociale et économique, les représentants de l’Eglise de Nampula exigent «que les enquêtes soient poursuivies et que l’on parvienne à une conclusion exhaustive, transparente, cohérente et sans aucune condition. Que la vérité s’affirme rapidement et que les criminels soient démasqués».
Religieuses accusées de diffuser une rumeur
Deux missionnaires, l’une brésilienne et l’autre espagnole, sont accusées d’être à l’origine d’une rumeur de trafic humain au Mozambique. Elles ont mis en cause un Sud-africain blanc et sa femme d’origine danoise. Trois commissions d’enquête du gouvernement n’ont rien pu démontrer. Selon la correspondante de Radio France Internationale (Rfi), un conflit foncier est à l’origine de cette histoire.
Abdoul Razak Noormahomed, gouverneur de la province, également a estimé que cette affaire est liée à l’effervescence politique dans le pays: une élection présidentielle aura lieu cette année au Mozambique. «Dans des périodes de ce genre, certains conflits peuvent prendre très vite une dimension politique», a souligné le gouverneur à la correspondante de Rfi. La femme accusée, avec son mari, d’être au coeur de ce trafic, s’est dite «consciente que la terre reste une question épineuse» dans le pays. «Nous pensons que toute cette histoire a commencé par un simple titre foncier, mais il est sûr que c’est un sujet politique très sensible en Afrique à l’heure actuelle».
La question «peut être très facilement utilisée à des fins politiques, d’autant que nous sommes en année électorale», a-t-elle ajouté. Malgré ces explications, le doute persiste, car les rumeurs de trafic d’organes humains, qui ont été largement reprises par la presse internationale, ont terni l’image de la région au moment où ses responsables encouragent les investissements étrangers. (apic/com/misna/lh)



