L’Eglise allemande est trop organisée et institutionnalisée

Munich: Le primat des bénédictins commente les propos du pape

Munich, 11 septembre 2006 (Apic) L’abbé primat de l’ordre bénédictin, le père Nokter Wolf, a regretté que l’Eglise d’Allemagne soit trop organisée et institutionnalisée.

Répondant le 10 septembre aux questions de l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic, en direct de Munich, l’abbé primat de l’ordre bénédictin en poste à Rome, le père Nokter Wolf a ainsi réagi aux propos tenus par Benoît XVI lors de la messe célébrée le matin même à Munich.

Lors de la messe célébrée à la foire exposition de Munich, le 10 septembre, le pape a invité l’Eglise allemande à ne pas se concentrer uniquement sur l’aide sociale et humanitaire aux pays en voie de développement, et à ne pas avoir peur d’aider à évangéliser ces pays. Il a aussi souligné que les «prestations techniques» de l’Occident ne suffisaient pas à faire oublier son mépris de l’homme et un certain «cynisme de la société».

Interrogé par I.MEDIA et une poignée de journalistes, le père Wolf a commenté et soutenu les propos de Benoît XVI. «Un jour, j’ai eu une grosse dispute avec un membre d’une organisation catholique caritative allemande très célèbre qui me disait ’Nous travaillons seulement pour le développement, je ne suis pas un missionnaire’». «Je lui ai répondu, a confié le père abbé, ’Désolé, la seule raison pour laquelle je fais cela est mon amour pour le Christ, et l’amour du Christ pour les gens’, car nous ne pouvons pas séparer ces deux dimensions».

Les Allemands sont trop organisés

«Nous n’avons pas tellement de problèmes dogmatiques, mais l’Eglise allemande est trop ’germanisée’, elle est devenue une organisation, avec une technique et une recherche de la perfection, et ceci efface la joie de la vie ecclésiale», a regretté le père Wolf. «Les Allemands aiment faire la fête», a-t-il soutenu, donnant l’exemple récent de «la coupe du monde de football». «Mais tout doit être organisé, structuré et il n’y a plus de spontanéité», a-t-il noté, expliquant que les Allemands ont «un désir de sécurité absolue».

Le père abbé Nokter Wolf a aussi confié ses sentiments sur la personnalité de Joseph Ratzinger, qu’il connaît de longue date. «J’étais un peu sceptique lorsqu’il a été élu», a reconnu le religieux bénédictin, notant que, «désormais, les gens l’aiment». «Il a changé, il est devenu beaucoup plus pastoral», a ainsi constaté le père Wolf , qui trouve le pape «toujours un peu timide». «Mais, j’ai l’impression qu’il est heureux que les gens l’aiment, et je crois qu’il n’aurait jamais imaginé de pouvoir être autant aimé».

Elu en septembre 2000 à la tête de la Confédération des bénédictins, l’abbé Nokter Wolf a été prieur de l’abbaye allemande de Saint-Ottilien. Il est aujourd’hui le prieur de l’abbaye de Saint-Anselme, à Rome. Dom Nokter Wolf est le neuvième primat général de la Confédération des bénédictins depuis sa fondation en 1893. (apic/imedia/ami/vb)

11 septembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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